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L’archevêque de Prague, Dominik Duka, n’est pas favorable à l’idée de reporter à plus tard la restitution des biens confisqués par l’Etat aux Eglises du pays sous le régime communiste. En raison de la crise économique et des mesures d’austérité mises en place par le gouvernement, certains responsables politiques critiquent le projet de restitution adopté par la coalition gouvernementale en début d’année. Ce mardi, à Prague, à l’occasion d’un forum consacré à la question des restitutions, Dominik Duka a déclaré qu’il était convaincu que la crise économique actuelle pouvait durer encore de longues années. Toutefois, l’archevêque a dit que si le projet n’était pas adopté par le Parlement, il ne pouvait imaginer que les Eglises portent plainte contre l’Etat et réclament devant les tribunaux le retour de leurs biens confisqués. « L’Eglise n’accepterait pas qu’une injustice soit remplacée par une injustice encore plus grande. Elle ne peut pas exiger en justice un dédommagement à des milliers de familles », a-t-il expliqué. Selon Dominik Duka, le projet de restitution approuvé par le gouvernement est le résultat de longues négociations entre les parties concernées. « C’est un compromis et c’est pourquoi personne ne peut être entièrement satisfait », a-t-il justifié sa position. Selon le projet de loi, l’Etat s’engage à restituer à dix-sept Eglises du pays 56 % de leurs biens et à leur verser aussi progressivement, sur une période de 30 ans, une compensation de 59 milliards de couronnes (2,35 milliards d’euros) pour les biens ne pouvant être restitués. Par ailleurs, l’Etat et les représentants des Eglises se sont entendus sur une période transitoire de dix-sept ans pendant laquelle les Eglises recouvreront leur indépendance économique.

Les tensions ethniques en Macédoine pourraient entraver la volonté d’intégration européenne du pays. C’est en substance ce qu’a déclaré le Premier ministre Petr Nečas à l’issue de sa rencontre avec son homologue macédonien Nikola Gruevski, ce mardi, à Skopje. Ce dernier a informé Petr Nečas de la situation intérieure et confirmé que le gouvernement macédonien était favorable au caractère multiethnique du pays. En fin de semaine dernière, à la veille des Pâques orthodoxes, les corps de cinq hommes tués par balles ont été retrouvés à Skopje. Le deuil a ravivé les tensions ethniques entre ses habitants slaves et albanais, ces derniers représentant un quart de la population de ce pays de deux millions d’habitants issu de l'éclatement de la Yougoslavie. Le Premier ministre tchèque a estimé que le gouvernement macédonien, au sein duquel figure le parti représentant les intérêts de la minorité albanaise, entreprenait toutes les démarches nécessaires pour stabiliser la situation. Petr Nečas a par ailleurs confirmé que Prague soutenait l’orientation euro-atlantique de la Macédoine, convaincu qu’il était dans l’intérêt de l’Union européenne de s’élargir aux pays des Balkans de l’Ouest. « L’élargissement de l’UE et de l’OTAN est synonyme d’élargissement de la zone de stabilité et de prospérité », a-t-il déclaré. De son côté, Nikola Gruevski a affirmé que le dialogue avec l’Union européenne évoluait dans le bon sens. Enfin, Petr Nečas et Nikola Gruevski se sont félicités également de l’évolution positive de la coopération économique entre les deux pays.