Le festival Febiofest en musique

08-04-2007

Cette année le festival de cinéma et de télévision Febiofest, qui s'est déroulé du 22 au 30 mars à Prague, a offert parallèlement une série de concerts gratuits. Plus de vingt groupes tchèques et étrangers se sont produits toute la semaine. Parmi eux, trois groupes français sont venus rencontrer le public tchèque : les bordelais Rageouns Gratoons, El Gafla et la chanteuse tsigane Rona Hartner.

C'est une véritable invitation au voyage que ces trois groupes français ont proposé au public venu « s'enterrer » dans le 3ème sous-sol du parking souterrain du complexe Village Cinéma. Mercredi soir, ce sont les Rageoons Gratoons qui ont ouvert la marche avec leur musique envoutante. Olivier, le chanteur, nous présente son groupe :

« On est six musiciens à jouer, on utilise environ dix-sept instruments. Tot joue du bousouki, de la guitarre, de la mandoline. Xavier joue du cimbalum, de la batterie et du derbouka. Stéphane fait l'éclairage, le merchandising, il fait tout sur la route, il parle plusieurs langues, essentiellement une langue qui est parlée par Bacalan, pas loin de Bordeaux. Et il manque Bubu qui doit rôder quelque part, qui est violoniste et qui joue avec un violon trompette qu'on appelle le stroviol ou « viuara cuguarna ». Le sien vient du Maramures, au nord de la Roumanie. C'est un instrument folklorique. Et avec tous ces instruments on les détourne et on s'en sert comme des pinceaux et chacun a sa couleur, son geste. Les instruments font des traits larges, d'autres font des traits fins, d'autres vont bien pour faire du jaune, d'autres vont bien pour faire du bleu. On ne joue pas de folklore à vrai dire mais on essaie de prendre dans l'âme des musiques folkloriques. Notre musique ça part des musiques de l'Industanie puis ça traverse l'Europe, ça va jusqu'en Afrique, en Europe du nord, ça va où il fait froid, où il fait chaud. Ca fait le tour de la méditerrannée souvent. »

Karim, le chanteur d'El Gafla, désigne ses musiciens comme des dromadaires, le nom du groupe signifiant « caravane du désert ». El Gafla met aussi en avant toutes ses couleurs et ses influences musicales :

« Ce qu'on fait c'est tout un mélange. D'ailleurs dans le groupe ça se voit au métissage du groupe. Y'a des Français, des Africains. On est vraiment tous mélangés et on fait vraiment un musique qui n'a pas d'appellation. On peut pas la classer parce qu'il y a de tout, du tsigane, de la funk, du kabyle, de l'algérien. Il y a du traditionnel, de l'africain, du jazz, de la bossa. Il y a vraiment de tout. Je pense que notre musique est à notre image, qui est sur scène, puisqu'il y a vraiment un métissage ; on n'est pas que des Rebeux et on est pas que des Français. »

Le festival Febiofest permet de découvrir de nombreux films qui essaient de porter un autre regard sur le monde, ce qui correspond tout à fait à la démarche de ces groupes :

« Justement les textes sont très engagés ; beaucoup de politique sur le gouvernement algérien, sur tous les militaires, sur tout ce qui s'est passé en Algérie, la décennie de terrorisme, et tous les problèmes sociaux qui sont en Algérie et en France. Même chez nous aussi en France on a pas mal de problèmes sociaux. Donc mes textes sont basés la-dessus. Ce sont beaucoup de revendications. » « Cette musique c'est de la peinture que l'ont fait et notre arme de troubadours, on fait cet art pour le gueux, les pauvres. La seule arme c'est la culture, la danse, la peinture, le chant. C'est un message contre le racisme. »

Febiofest se poursuit dans les régions jusqu'au 15 avril.

http://rageousgratoons.free.fr/
http://karimelgafla.free.fr/
www.ronahartner.com
www.yopla.net

08-04-2007