Accord de Paris : réactions mitigées des professionnels tchèques de l'énergie

14-12-2015

Tandis que le gouvernement tchèque voit un texte "historique" dans l'accord de Paris conclu ce samedi et selon lesquels les pays du monde disent s'engager à maintenir la hausse des températures largement sous la barre des 2 °C (cf. "Faits et événements" du jour), les entreprises tchèques du secteur de l'énergie ont des réactions plus nuancées ainsi que le rapporte l'agence de presse ČTK. Si le leader national ČEZ salue l'accord, l'Association des centrales thermiques de République tchèque est sans surprise moins enthousiaste et même pessimiste puisqu'elle considère que "dans les faits, rien ne va changer".

Photo: ČTKPhoto: ČTK Directeur de cette organisation qui représente un secteur particulièrement polluant, Martin Hájek estime que ce texte, négocié par 195 pays dans la cadre de la COP 21, la Convention-cadre de l'ONU sur le climat, est avant tout une "victoire diplomatique pour la France et dans les faits une défaite pour l'Union européenne car d'un point de vue pratique, rien ne va changer à l'échelle globale". Selon lui, les Etats-Unis ne ratifieront pas cet accord, comme ils l'ont fait par le passé pour le protocole de Kyoto. Martin Hájek considère également que la Chine, en plein développement, s'apprête à émettre des quantités bien plus importante de gaz à effet de serre.

L'annonce du texte a semble-t-il été mieux vécu du côté du groupe ČEZ, contrôlé par l’État tchèque, et par ailleurs membre de l'Association des centrales thermiques. Porte-parole de l'entreprise, Barbora Půlpánová rappelle que celle-ci s'est engagée à "améliorer son efficacité énergétique et à baisser les émissions de dioxydes de carbone dans la production d'électricité en République tchèque de 46% en 2020 par rapport à l'année 2001". A noter que ČEZ est le propriétaire de la centrale thermique de Prunéřov, la plus grande centrale à charbon de Tchéquie et le plus grand pollueur de République tchèque selon un classement établi par l'ONG Arnika.

Enfin, l'agence de presse donne également la parole à une représentante de l'industrie sidérurgique de la ville de Třinec, localité située en Moravie-Silésie, région au riche passé industriel. Pavla Jurásková indique que le secteur est prêt à remplir toutes les conditions qui contribuent à sauvegarder l'environnement "y compris de baisser les rejets de gaz à effet de serre". Toutefois, elle estime que la compétitivité de l'Europe sera menacée si l'accord ne s'applique pas à tous les pays du monde.

14-12-2015