Chronique de l’actualité économique tchèque

31-08-2012

136 000 enfants pauvres en République tchèque selon l’UNICEF

7,4 % des personnes de moins de 17 ans vivraient sous le seuil de pauvreté en République tchèque, ce qui représenterait environ 136 000 enfants. C’est l’UNICEF, l’agence de l’ONU chargée de la protection des enfants et de la défense de leurs droits, qui publie ce chiffre dans le rapport ‘Mesurer la pauvreté des enfants’ qui étudie et compare les situations dans 35 des pays parmi les plus riches du monde. Pour appréhender les enfants vivant dans une pauvreté relative, les auteurs de ce rapport ont pris ont compte les revenus des ménages, ajustés en fonction de leur taille et de leur composition (nombre d’enfants, leur âge…), et qui sont inférieurs à 50 % du revenu médian national. Le revenu médian est le revenu qui divise une population en deux ensembles égaux ; la moitié de la population a donc un revenu supérieur et l’autre moitié inférieure à ce revenu. Avec ce calcul, la République tchèque, où le revenu médian annuel était de 7 295 euros l’an dernier, se classe dans le premier tiers du tableau où la pauvreté des enfants semble moins élevée et se trouve au niveau de pays comme l’Autriche ou la Suède.

Cependant, Pavel Gombla, le directeur du bureau tchèque de l’UNICEF, note au moins deux caractéristiques dans la situation tchèque qu’on ne retrouve pas dans d’autres pays. Tout d’abord, la pauvreté des enfants recule plus vite que celle de la population globale. Il remarque également que les aides sociales permettent dans une large mesure de gommer cette pauvreté relative chez les enfants, puisque sans ces aides, 17 % des Tchèques de moins de 17 ans se retrouveraient sous le seuil de pauvreté.

Ce seuil de 50 % du revenu médian national est toutefois subjectif et les auteurs du rapport ont également tenté de mesurer le degré de privation des enfants dans ces pays dits riches. Pour cela, ils ont pris quatorze variables, définies par l’Union européenne, telles que le fait de pouvoir manger trois repas par jour, la possibilité d’avoir assez d’espace et de lumière pour faire ses devoirs ou encore l’accès à Internet. En République tchèque, 8,8 % des enfants seraient ainsi privés de deux de ces quatorze variables, un niveau similaire à ceux observés à Malte, en Autriche ou en Allemagne.

Le prix de l’essence toujours en hausse, l’Etat tente un nouveau dispositif

La semaine passée, le prix de l’essence a de nouveau augmenté. Le litre de Naturel 95 se vend ainsi en moyenne à 38,17 couronnes tchèques à la pompe (1,54 euro), tandis que le diesel se vend aux alentours de 37,18 couronnes (soit 1,5 euro). Depuis le début du mois d’août, les carburants ont ainsi vu leur prix augmenter d’un peu plus d’une couronne. C’est à Prague que l’on trouve les stations-service les plus chères, il n’est pas rare de trouver de l’essence à un prix supérieur au seuil symbolique des 40 couronnes.

Dans ce cadre, l’Etat a indiqué qu’il souhaitait contrôler plus sévèrement les marges réalisées par les stations-service. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a ainsi demandé au distributeur public Čepro de rendre publique sur son site Internet la structure des prix des carburants pour chacune de ses stations. Le ministre Martin Kuba (ODS) développe le principe de ce mécanisme :

« Cela signifie que les citoyens pourront savoir à quel prix Čepro achète son carburant, quelles sont ensuite la part du droit d’accise, un impôt indirect qui touche notamment le pétrole et ses dérivés, la part de la TVA et finalement la part dédiée à la marge. Et cela fonctionnerait comme un mécanisme de défense, car dans les discussions que nous avons, des choses logiques ressortent. Certains disent que quand l’Etat baisse les taxes, le vendeur n’a qu’à augmenter sa marge, et que cela ne fait finalement aucune différence pour le consommateur et l’industrie tchèque. »

Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, il ne s’agit en aucun cas de contrôler les prix eux-mêmes puisqu’il s’agirait selon lui d’une « méthode socialiste ». Par ce mécanisme, il souhaite inciter les stations-service privées à s’aligner sur les prix pratiqués par Čepro, faisant ainsi jouer le jeu de la concurrence. Reste à savoir si le gouvernement est prêt à baisser les taxes qu’il perçoit sur la vente de carburant. Or, le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, a pour l’instant toujours refusé une telle baisse, qui toucherait le droit d’accise, indiquant qu’il s’agirait d’un non-sens dans le contexte économique actuel et que cela ne permettrait pas d’endiguer la croissance inexorable du prix de l’essence et du diesel.

Le site Internet pour évaluer la qualité des produits rencontre un certain succès

Radio Prague avait récemment consacré un article au problème de la mauvaise qualité des aliments qu’on trouve dans les supermarchés tchèques et au lancement d’un site Internet, http://www.potravinynapranyri.cz/, destiné à identifier ces produits et à en informer le consommateur. Il semble que ce service rencontre un certain succès puisqu’il est de plus en plus utilisé par les Tchèques. Mis en ligne au mois de juillet par le ministère de l’Agriculture en collaboration avec l’Inspection d’Etat agricole et alimentaire, il compte déjà plus de 950 000 visiteurs uniques. Trois paramètres sont pris en compte : la dangerosité des aliments, leur falsification et leur mauvaise qualité. Les consommateurs peuvent eux-mêmes signaler les articles répondant à l’un de ces critères et une application mobile du service est désormais disponible. 460 articles sont pour l’instant référencés et c’est désormais la viande et ses dérivés qui font le plus souvent l’objet de plaintes. Dana Večeřová travaille à la Chambre de l’alimentation. Selon elle, il est possible que le nombre des articles incriminés augmente encore, mais elle se veut confiante dans le mécanisme de contrôle mis en place :

« Avec l’augmentation progressive des prix, il est effectivement probable que nous mettions à jour mécaniquement plus de produits bon marché susceptibles d’être dangereux, notamment au niveau de la viande. Mais les systèmes de contrôle tels qu’ils existent, permettent de montrer qui est le responsable d’une telle situation. »

Ce n’est pas ce que pensent les distributeurs et les producteurs. Selon eux, la présentation au cas par cas des aliments défectueux sur le site Internet ne permettrait pas de déterminer clairement qui est à l’origine de la faute commise. De plus, les données du site n’ont parfois pas été correctement actualisées après qu’un aliment défectueux ait été retiré des rayons de supermarché ou que ses défauts aient été corrigés.

La demande en bois de chauffage en augmentation

Il y a près de deux fois plus de ménages qui se chauffent au bois depuis dix ans en République tchèque. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Tout d’abord, les personnes qui construisent des maisons y installent de plus en plus souvent une cheminée à la prussienne, c'est-à-dire une sorte de poêle ouvert simulant une cheminée, ou un poêle traditionnel. Surtout, le bois est moins cher que d’autres combustibles tels que le gaz ou le fioul. De plus, le bois de chauffage est considéré comme une énergie renouvelable et non génératrice de gaz carbonique (CO2) dans le cas où la quantité de CO2 libérée par la combustion du bois est équivalente à celle capturée par le bois pour sa croissance. Toutefois, en République tchèque, la demande évolue à un rythme tel que l’offre à du mal à suivre. Dans la région de la Vysočina, au cœur du pays, les commandes en bois ont doublé par rapport à l’année dernière à la même époque et les distributeurs ne parviennent que difficilement à les satisfaire. Par ailleurs, l’augmentation du prix du gaz naturel, du fioul ou de l’électricité, devrait finir par toucher également ce bois de chauffage. Le prix de la stère de bois devrait ainsi augmenter d’une centaine de couronnes (environ quatre euros) l’année prochaine.

Un milliard d’euros pour soutenir le réseau ferroviaire régional

Souvent source de polémiques, le financement du chemin de fer régional ne devrait pas être un problème cette année puisque le ministère des Finances a accepté d’accorder une somme de plus d’un milliard d’euros aux régions afin qu’elles puissent financer et moderniser leurs réseaux ferroviaires. Si le porte-parole du ministère a confirmé cette information, il a précisé qu’il ne s’agissait pour l’instant que d’un accord de principe qui devra encore être validé par le gouvernement. L’année dernière, cette aide n’avait pas été versée. Elle semble pourtant essentielle tant le réseau ferroviaire tchèque est lent et en mauvais état. De plus, chaque région dépense annuellement en moyenne 321 millions d’euros pour l’achat de nouveaux trains et leur entretien, un investissement et des frais que ne couvrent que très partiellement les recettes liées aux ventes de billets. De plus, České drahy, la société de chemin de fer publique, doit désormais faire face à la concurrence d’opérateurs privés tels que Regiojet et bientôt LEO Express, qui n’exploitent que les lignes rentables et n’ont pas à satisfaire de missions de service public. Le ministre Miroslav Kalousek a toutefois souligné que l’accord de principe ne l’engageait à rien.

31-08-2012