15-06-2001

Il sera question dans cette émission d'une épidémie. Vous me diriez que vient faire l'épidémie dans une émission commerciale et économique ? Rassurez-vous, c'est d'une épidémie d'un genre spécial qu'il s'agit. Elle s'appelle l'ordinateur. L'ordinateur qui ne compte pas en Tchéquie les maisons qu'il conquiert, quoique pas avec autant de bonheur que le téléphone portable. Un Tchèque sur deux en possède un.

Les Tchèques ont dépensé l'année dernière 64 milliards de couronnes pour leurs achats. Les Tchèques ont-ils trouvé leur voie vers la technique ? Avec l'argent qu'ils dépensent pour l'achat des ordinateurs et des programmes on pourrait construire la moitié de la centrale nucléaire de Témelin. Grâce aux Autrichiens, elle est devenue célèbre. Les sociétés, les administrations et les ménages ont dépensé en matériel informatique, uniquement l'an passé, à peu près 64 milliards de couronnes, soit l'équivalent de 11,5 milliards de FF. Dans l'achat des ordinateurs et des programmes, les Tchèques investissent nettement plus que leurs voisins centre-européens. La République tchèque, vu sa dimension, se démarque par les achats les plus importants et par l'équipement le plus important en informatique. Polonais et Russes achètent plus d'ordinateurs, mais ce sont des populations plusieurs fois plus importantes. En République tchèque, quelque 3% du PNB sont dépensés en investissements technologiques. Avec cette performance, la République tchèque peut tranquillement se comparer aux pays d'Europe occidentale qui dépensent en informatiques 2,5% de leur PNB. Mais en chiffres absolus l'Europe occidentale est toujours loin devant la République tchèque. Alors que la somme moyenne que dépense un Tchèque par an est de 6.000,00 Kc, même pas le prix d'un nouvel écran, un européen occidental dépense 23.000,00 Kc, soit plus du triple. C'est déjà le prix d'un ordinateur sérieusement équipé.

Le moteur principal des investissements serait la privatisation des grandes entreprises et l'arrivée des investisseurs étrangers. "Ces raisons sont communes pour toute la région, et il faut y ajouter, également, la réforme de l'administration publique", explique un spécialiste en informatique. Mais, même les ménages ne sont pas en reste. Selon les sondages de l'agence Markent, 3 familles sur 10 possèdent un ordinateur, ce qui est de 2% supérieur à l'année précédente. "Un quart des foyers projette l'achat d'un ordinateur. Un foyer sur trois effectuera l'achat encore au cours de cette année, pour les autres c'est plutôt un projet d'avenir", dit un responsable du marketing dans une entreprise. A titre comparatif, aux USA, environ les 2/3 des ménages possèdent un ordinateur. En Europe occidentale, le même sondage estime ce chiffre a 50 %. Le nombre des optimistes, quant à l'utilisation de l'informatique, ne fait qu'augmenter. Encore en 1995, l'idée que les ordinateurs ne vont pas jouer un rôle important, et si oui, alors uniquement dans des entreprises, était très répandue parmi les Tchèques. Ce courant de pensée ne fait que diminuer progressivement. Cette attitude, en témoigne l'habilité que les Tchèques ont déjà acquise dans le travail sur ordinateur. La connaissance de l'informatique augmente. Ceux qui, il y a 4 ans, utilisaient l'ordinateur uniquement comme machine a écrire, se rangent, aujourd'hui, parmi les utilisateurs expérimentés. Ils comptent autant d'hommes que de femmes car beaucoup de travaux administratifs ont été informatisés. Cette réforme aura aidé les femmes a acquérir une maîtrise sur les ordinateurs.

C'est plutôt les gens aisés qui ont un ordinateur. Si les familles Tchèques ont plus d'ordinateurs que les familles polonaises ou hongroises, si elle n'ont pas encore atteint le niveau de l'occident, ici comme ailleurs, c'est une question d'argent. Mais cela dépend également du vouloir de chacun et, surtout, des enfants et adolescents qui poussent leurs parents à s'équiper le plus vite possible. Cette impulsion est essentiellement due à l'attrait des jeux et à l'Internet qui intrigue les jeunes esprits et constitue une provocation permanente de leur curiosité. "Surfer", ce verbe magique et de naissance récent a conquis les coeurs ; il est le rêve et le vagabondage à travers le globe terrestre, il est le moyen de contact sans limite. Alors la jeunesse n'attend plus. Faire le tour du monde en restant chez soi ! Et chaque dépense en appelle une autre. Un ordinateur peut communiquer avec un téléphone portable. On ne se contente plus du texte sur ordinateur, on passe à l'image fixe, puis à l'image mobile, puis au son. Puis les ordinateurs se démodent à une vitesse vertigineuse, une nouvelle provocation et de nouvelles dépenses. L'hécatombe des ordinateurs offerts dans les bazars de Prague témoigne de la fréquence avec laquelle les ordinateurs sont (excuser du terme) "bazardés", les prix sont en chute quasiment libre, c'est tout cela la révolution informatique. Il n'empêche que d'aucuns ne dépassent pas le seuil des jeux. Mais ce n'est pas négatif. Pour certains c'est une façon de se relaxer et beaucoup de gens ont appris, avec les jeux, à manipuler l'ordinateur. Quelle différence entre ceux qui savent manipuler un ordinateur et les autres ? C'est surtout une question d'instruction et des moyens financiers. La courbe des utilisateurs de l'Internet commence à s'élever à partir d'un revenu mensuel net par membre du ménage de 8 à 9 mille couronnes. L'Internet à la maison est une évidence pour les familles ayant un revenu net de 15.000 couronnes par personne, soit à peu près 3000FF. L'argent reste donc un facteur déterminant. L'âge ne joue aucun rôle si ce n'est que les jeunes apprennent aujourd'hui l'informatique à l'école. Mais même la génération d'âge moyen ou avancé tient la route, car c'est souvent que ces gens rencontrent l'informatique au travail et parviennent à bien s'adapter. Seuls les retraités restent hors course. Pour le moment...

15-06-2001