22-06-2001

Boucler ses bagages le vendredi après-midi, se mettre au volant de sa voiture et partir vers son chalet... Voilà un rituel traditionnel chez les Tchèques. Pour combien de temps ? Qu'en est-il déjà aujourd'hui, plus de 10 ans après la chute du communisme ? Telle sont les questions auxquelles nous allons tenter de répondre au cours de cette émission. Nous allons raconter, aussi, une histoire de bière.

Un phénomène de société, en République tchèque, une famille sur sept environ est propriétaire d'un chalet ou d'une maison de campagne. En Europe, une famille sur environ vingt peut se permettre ce luxe. Nous pouvons parler de ce phénomène comme faisant partie de notre style de vie. Serait-ce valable pour toujours ? Les spécialistes du marché immobilier se sont attendus à ce que la possession d'une résidence de campagne devienne coûteuse et inaccessible. Mais ce pronostic ne s'est toujours pas vérifié.

Le recensement de 1990 a montré que 12% des foyers tchèques ont une maison de campagne ou la possibilité d'en utiliser une. Selon les derniers sondages, ce nombre a apparemment augmenté de 2 %. A Prague, 30% des foyers ont un chalet. La disparition de ce phénomène en Tchéquie n'a donc pas eu lieu. Pour beaucoup de gens, avoir une propriété à la campagne représente le rêve d'une existence. S'il l'ont déjà, ils ne voudraient s'en séparer que s'ils sont très occupés ailleurs, ou en cas d'une gêne financière extrême.

Quelles sont donc les estimations dans cette partie du marché immobilier ? Après la dérégulation complète du loyer, les moins riches seraient en principe obligés de se décider entre le logement en ville ou la maison de campagne. Le bas niveau des loyers est l'une des raisons pour lesquelles tant de foyers peuvent encore se permettre le luxe d'avoir une propriété secondaire. Si ce pronostic se confirmait, beaucoup de gens voudraient vendre leurs chalets, le marché de l'immobilier serait saturé en chalets à vendre et les prix baisseraient. Pour le moment, l'évolution des prix est stable. La plus grande demande existe en Bohême centrale, première en nombre de résidences secondaires.

Selon Petr Nadvornik de l'agence immobilière Ideal Reality, tous les chalets situés autour de la capitale, et dont le prix tourne autour de 500.000 couronnes, environ 90.000FF, ne restent pas longtemps en vente. Tous les bâtiments classés dans les annonces sous le titre : "chalets, maisons de campagne" ne servent, quasi exclusivement, que pour des séjours de week-end. En Bohême centrale, beaucoup de résidences servent comme un logement permanent. Autrement dit, on assiste à un renversement de la situation: on loge dans la maison secondaire et l'appartement en ville est gardé en réserve pour y dormir de temps à autre ou pour le louer, de préférence à des étrangers, il payent mieux et ne restent pas. Beaucoup d'agences de voyages se sont spécialisées dans la location des maisons de vacances. Selon les données de l'Office national des statistiques, 3.608.000 Tchèques ont passé leur vacances au pays en 1999. Pragois en majorité : 763.000. Cette tendance a encore augmenté l'année dernière.

Selon des données de l'agence de voyages Ceska pohoda , même cette année, les organisateurs s'attendent à un grand afflux de gens intéressés par ce genre de vacances. En Autriche, aussi, l'intérêt pour le tourisme écologique est en augmentation. Les gens passent leurs vacances dans des fermes, participent à la vie quotidienne et aident à l'élevage des animaux. Il y aurait très peu d'endroits en République tchèque où les vacances peuvent être passées de cette façon. Les Tchèques préfèrent toujours passer leur congé en privé. Le séjour en compagnie de vingt autres personnes ne les attire pas beaucoup.

"Si Dieu buvait de la bière, elle ne peut être que la vôtre". Voilà ce que un Américain a écrit dans son mail envoyé aux brasseries Budvar de Ceské Budejovice. Il était content de pouvoir, après plusieurs dizaines d'années, "goutter légalement cette bière". Mais il n'a pas acheté une bouteille de bière Budweiser, mais une bouteille de Czechvar. Les Américains avaient commencé à imiter la bière Budvar ou Budweiser dans la brasserie de St. Louis, déjà en 1911 ! Dans le cadre d'une tentative de conciliation, la direction de l'époque a été d'accord que la firme américaine utilise la marque déposée Budweiser, mais en lui interdisant d'y ajouter le mot Original. L'escalade des divergences entre les deux firmes a commencé déjà en 1937, quand la brasserie tchèque a enregistré aux USA la marque déposée "Imported Original Bohemian Budweiser Beer from Budweis City". Cela a déplu aux fabriquants américains, et ils ont commencé à faire une forte pression sur Budvar, qui s'est soldée par un accord extrêmement défavorable aux Tchèques et selon lequel, ils ne pouvaient pas exporter aux USA les bière, portant dans leur appellation les mots Bud, Budweiser ou Budweis. Même si cet accord a été signé une semaine avant l'occupation, par l'Allemagne fasciste, des régions frontalières tchèques, la brasserie reconnaît sa validité, car, plutôt que de se noyer dans des procès, qui ne finissent pas, elle préfère faire du commerce avec un produit de qualité.

Donc, Budvar de Tchéquie a trouvé la marque "Czechvar". Au fait, c'est la bière d'origine qui commence, après 62 ans, à être de nouveau exportée vers les USA. L'appellation est composée de deux mots : Czech (tchèque) et var de pivovar (brasserie en tchèque) qui traduit la brasserie tchèque. L'appellation a été choisie pour être compréhensible, aussi bien pour les Tchèques, que pour les Américains. Le logo lui-même est délimité dans les paramètres graphiques de la marque traditionnelle. C'est finalement bonnet blanc blanc bonnet. Les amateurs ne s'y tromperont pas.

Cela ne veut pas dire que Budvar de Ceske Budejovice a fait marche arrière dans son procès contre Anheuser-Busch. Les relations problématiques concernant la marque déposée ont duré, entre les deux sociétés, presque cent ans. Cependant, l'appellation Budweiser restera sur les marchés des autres pays. Czechvar est valable uniquement aux Etats-Unis. Mais il s'agit toujours de la même bière que les consommateurs connaissent. La brasserie Budvar a voulu conquérir le marché américain et elle le fait pas à pas avec succès. Aux USA, il y a beaucoup de partisans de cette bière dont la renommée n'est plus à faire. Pour ces gens-là, appelez la Budvar comme vous voulez, il la trouveront toujours.

22-06-2001