En Tchéquie aussi, toujours plus de ventes de vinyles

18-09-2019

C’est une tendance générale, même à l’heure du tout-numérique : comme ailleurs dans le monde, l’intérêt pour les vinyles ne cesse de croître en République tchèque. En 2018, leur vente a atteint un total de 52 millions de couronnes (2 millions d’euros) soit quatre fois plus qu’en 2014.

Photo illustrative: Egle_pe / Pixabay, CC0Photo illustrative: Egle_pe / Pixabay, CC0 Phénomène paradoxal, le marché américain a vu en 2018 les ventes physiques de musique chuter de 15,3% par rapport à 2017, alors que les ventes de vinyles (et de cassettes) ont une nouvelle fois crue. Cette année, celles de vinyles devraient même dépasser celles de CD. Si l’on n’en est pas encore là en République tchèque, l’intérêt pour le bon vieux disque, qui monte en flèche ces dernières années, ne se dément pas non plus dans le pays, comme le rapporte le site iDnes.cz.

« Entre 2011 et 2014, la vente des vinyles se résumait à quelques centaines d’exemplaires, à destination de collectionneurs essentiellement qui attendaient la réédition en vinyles des albums de leurs interprètes favoris. Mais les interprètes actuels ont également découvert la magie du son analogique et ces dernières années, les nouveaux albums qui sortent sont toujours assortis d’une version vinyle, » explique Pavel Bodiš, de la branche tchèque de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI).

Cette tendance à la hausse ne signifie pas pour autant le rejet des CD sur le marché tchèque dont la vente occupe toujours une part non négligeable du marché, comme le précise Michal Máka, directeur marketing de la plus importante maison de disque tchèque, Supraphon :

« En République tchèque, les vinyles sont pour l’heure un complément qui contribue au chiffre d’affaires mais pas aux bénéfices. Parce que les coûts de production de vinyles sont trois à quatre fois plus importants que pour le CD. »

Il n’en reste pas moins que contrairement à d’autres Etats, les CD et les vinyles peuvent se targuer d’une solide tradition en République tchèque. Si en 2018, les ventes de musique numérique étaient supérieures aux ventes physiques, celles-ci représentaient tout de même 39% de leur total.

La société Supraphon a relancé la vente de vinyles en 2011, après vingt ans de pause. Depuis leur vente ne cesse de croître, relève Michal Máka, avec une préférence pour les classiques du type Beatles et Rolling Stones.

La République tchèque n’est d’ailleurs pas uniquement consommatrice de disques microsillons. Elle est également productrice : à Loděnice, près de Prague, se trouve le plus grand fabricant de disques vinyle au monde. Cette usine de près de 2 000 salariés, au savoir-faire de plus de 60 ans, presse quelque 60 000 vinyles par jour, à la main, en basse saison. Avec un niveau de qualité reconnu par les professionnels du monde entier.

18-09-2019