Le gouvernement tchèque veut une présidence de l’UE à bas coûts

23-07-2019

Selon le site iROZHLAS.cz, le Premier ministre tchèque Andrej Babiš (ANO) veut réduire les dépenses prévues pour la présidence tchèque de l’UE en 2022 à 1,2 milliards de couronnes, soit le budget le plus faible de tous les pays membres. Cela n’est pas du goût de tout le monde, jusque dans les rangs de son propre gouvernement.

Photo: Gerd Altmann, Pixabay / CC0Photo: Gerd Altmann, Pixabay / CC0 Un peu plus d’un milliard de couronnes, soit un peu moins de 50 millions d’euros, c’est la somme prévue pour l’instant pour cette future présidence tchèque de l’UE, présidence assumée à tour de rôle pour six mois par les Etats membres.

Tomáš Petříček, photo: Office des Affaires étrangèresTomáš Petříček, photo: Office des Affaires étrangères Cette somme correspondrait, selon le chef du gouvernement, au tiers du budget demandé à l’origine par l'ensemble des ministères et institutions concernés. « La priorité de ce gouvernement est d’économiser l’argent public », déclare le Premier ministre.

Le budget actuel prévoit d’envoyer à Bruxelles 58 diplomates tchèques pour renforcer la mission diplomatique pendant la présidence, ce qui représente beaucoup moins que ce que font les autres pays en la matière – la Slovaquie a fait passer sa représentation bruxelloise de 87 à 220 membres lors de sa récente présidence.

Le ministre des Affaires étrangères Tomáš Petříček (ČSSD) constate que l’Autriche et l’Estonie ont également plus que doublé le nombre de diplomates sur place pour leur présidence. « Economisons, mais pas au prix de ne pas pouvoir faire passer les thèmes qui sont importants pour la Tchéquie », a déclaré le chef de la diplomatie.

Selon Denik N, le chef du gouvernement avait comparé en mars dernier la présidence européenne à « une onéreuse grande bouffe de petits fours (chlebíčky en version originiale) ».

Tomáš Zdechovský, photo: Filip Jandourek, ČRoTomáš Zdechovský, photo: Filip Jandourek, ČRo Dans l’opposition, on critique la volonté d’économiser dans ce domaine plus que dans d’autres. Selon le député européen du KDU-ČSL Tomáš Zdechovský, « baisser le budget de la présidence de l’UE est simplement scandaleux et inexcusable de la part du Premier ministre, qui montre à nouveau son incapacité et son manque de connaissance de la problématique européenne ».

Les priorités de la présidence tchèque de l’UE en 2022 n’ont pas encore été établies. Les discussions devraient commencer l’année prochaine avec la France, qui précédera la Tchéquie, et la Suède, qui lui succèdera.

23-07-2019