Le ministère tchèque de l’Agriculture voudrait s’inspirer de la loi alimentation française

24-06-2019

Entrée en vigueur au début de l’année, la loi alimentation du gouvernement français visant à plafonner les promotions sur les denrées alimentaires pourrait être une source d’inspiration pour la Tchéquie, estime le ministre de l’Agriculture Miroslav Toman.

Photo illustrative: Steve Buissinne / Pixabay, CC0Photo illustrative: Steve Buissinne / Pixabay, CC0 Adoptée en France en octobre 2018 et en vigueur depuis début 2019, la loi Agriculture et Alimentation, dite EGAlim a notamment pour objectif de diminuer les marges des distributeurs sur les produits agricoles, afin de mieux rémunérer les agriculteurs et de mieux encadrer les promotions en les plafonnant.

Le ministre tchèque de l’Agriculture Miroslav Toman réfléchit à une loi similaire en Tchéquie, une idée qui inspire également les représentants de la Chambre d’agriculture, favorables à une marge obligatoire.

« A l’heure actuelle, il y a un débat entre les Chambres de l’Agriculture et de l’Alimentation, ainsi qu’avec d’autres ONG et des représentants du ministère. Nous préparons un dossier pour voir comment nous pourrions mettre en place de tels changements dans la législation tchèque, » avait déclaré en mai dernier, le ministre, à la Télévision tchèque. Selon lui, les possibilités sont nombreuses, depuis l’interdiction totale de la vente à perte jusqu’à l’instauration d’une marge obligatoire de 10% pour les distributeurs.

D’après le site iDnes.cz, qui s’est intéressé au sujet, les chaînes de distribution alimentaire ne s’expriment en général pas à propos des projets de loi, mais l’Union du commerce et du tourisme qui les fédère s’est clairement exprimé contre l’idée d’une telle loi : « Est-ce que nous voulons vraiment une augmentation des prix ? Chaque régulation doit être bien réfléchie en amont. Nous devons savoir quels en sont les aspects positifs et quels risques cela implique, » estime le président de l’Union, Tomáš Prouza, qui préférerait ne pas intervenir du tout sur les prix du marché.

« D’un autre côté, les clients tchèques ont commencé à s’intéresser à la qualité des produits alimentaires ces deux dernières années, ainsi qu’à leur origine tchèque, et ils sont prêts à débourser davantage. Pour nous, c’est la preuve que le marché fonctionne, » ajoute-t-il. D’après Tomáš Prouza, si l’Etat veut aider les agriculteurs, il ne devrait pas le faire en intervenant sur les prix dans les magasins.

Les grandes enseignes alimentaires sont a priori contre toute régulation. Selon des données de la société Nielsen, 56% des produits sont venus dans le cadre de promotions spéciales dans le pays, soit le taux le plus important d’Europe. En France, cette part ne représente que 22%.

24-06-2019