1918 sous le regard de 2018

17-01-2018

Jusqu’au 31 janvier, la galerie La Femme accueille, en plein cœur du quartier de Josefov à Prague, une exposition célébrant le centième anniversaire de la naissance de la Tchécoslovaquie. Retour en images et en peinture sur la période de l’entre-deux guerres tchécoslovaque.

Marie Ban, 'Au cours du chemin du voyage patriotique', 1925, photo: Galerie La FemmeMarie Ban, 'Au cours du chemin du voyage patriotique', 1925, photo: Galerie La Femme Le 14 novembre 1918, Tomáš Garrigue Masaryk devenait le premier président de la République tchécoslovaque indépendante, née de la disparition de l’Empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale. Jusqu’en 1939, le pays a connu une période prospère, à la fois sur le plan économique et culturel. A l’occasion du centième anniversaire de la Première république, la galerie La Femme a choisi de célébrer cette époque avec une exposition intitulée « Homework 25 : la Première république ». Olga Václavková, la commissaire de l’exposition, explique la genèse du projet.

« Cette exposition vient de notre projet ‘Homework’. Chaque année, nous donnons un sujet à tous nos artistes. Ils créent ensuite des œuvres à partir de ce sujet. Nous choisissons les artistes, et ils font les tableaux. Cette année, le thème était la période de la Première république. »

Tyleček, 'Le bouquet de fête', photo: Galerie La FemmeTyleček, 'Le bouquet de fête', photo: Galerie La Femme Comme chaque année, plus de soixante artistes contemporains tchèques, dont plusieurs appartenant à l’association de graveurs Hollar, fondée en 1917, ont accepté de collaborer au projet. Parmi les œuvres exposées, on peut retrouver celles de Pavel Piekar, de Radovan Pauch, de Josef Blecha, ou encore du couple d’artistes Tylek et Tyleček, installés à Paris.

O.V.: « Pour ce thème, les artistes étaient très heureux de pouvoir s’exprimer sur ce sujet, car cette époque est pleine de nostalgie, de souvenirs, d’élégance. Elle correspond également aux débuts de la liberté en Tchécoslovaquie. »

L’artiste Tyleček, dont l’un des tableaux est présenté à la galerie La Femme, nous a expliqué avoir été stimulée par la perspective de travailler à partir d’un thème imposé :

« C’est plus facile que de le chercher soi-même. Pour trouver la manière d’aborder un thème, vous rêvez éveillé le matin. Tout de suite, votre première pensée est : ‘que vais-je faire avec ce thème-là ?‘». Il faut beaucoup réfléchir pour réussir à travailler à partir d’un thème imposé, mais j’aime bien. »

Dans le cadre de l’exposition, Tyleček a choisi de représenter un bouquet de fleurs peint aux couleurs du drapeau tchèque, symbolisant la célébration de cette époque marquante.

Bohumil Eliáš, 'La nature morte avec des courges', l'hommage à Emil Filla, photo: Galerie La FemmeBohumil Eliáš, 'La nature morte avec des courges', l'hommage à Emil Filla, photo: Galerie La Femme « Mes parents m’ont beaucoup raconté cette époque, de la manière dont ils ont vécu leur enfance. C’est quelque chose qui vous remplit. Vous vous sentez touché par cette histoire. »

L’exposition rend hommage à plusieurs acteurs majeurs de l’entre-deux-guerres. On y retrouve de nombreux portraits d’hommes politiques et d’artistes de l’époque, comme le président Tomáš Garrigue Masaryk, le peintre Emil Filla, ou encore l’écrivain Karel Čapek. Certaines œuvres, comme celles de Bohumil Eliáš, se sont également inspirées des mouvements artistiques de cette période, en particulier le cubisme. Après la République tchèque, l’exposition sera présentée au Centre tchèque de Munich en automne 2018. L’occasion de redécouvrir, à travers le regard d’artistes contemporains, la période centrale dans l’histoire tchèque qu’a été l’entre-deux-guerres.

17-01-2018