Crues de 2002 : qu’en est-il dix ans plus tard ?

01-08-2012

L’exposition ‘Inondation 2002’ destinée à la commémoration des sinistres crues de 2002 en République tchèque, a débuté le 16 juillet dernier dans la salle d’exposition, au rez-de-chaussée de la Bibliothèque Nationale du Clementinum. Photos, articles de presse, témoignages ont été rassemblés pour retracer l’histoire de la Bibliothèque Nationale et des ouvrages qu’elle abrite au cours de cette dernière décennie.

Foto: Milena Kárná/ NKPFoto: Milena Kárná/ NKP Il y a dix ans, en août 2002, des puissantes inondations submergeaient la République Tchèque laissant derrière elles de lourds dégâts. Plus d’un tiers du territoire avait été inondé par les crues, causant la mort de 17 personnes. Ces inondations, considérées comme la pire catastrophe naturelle jamais connue par les habitants, avaient tout particulièrement touché la ville de Prague.

Outre des pertes humaines tragiques, le domaine économique avait été fortement touché, et l’eau n’avait pas non plus épargné les trésors de la culture tchèque. Près de 40 bibliothèques avaient été inondées, des centaines de milliers de volumes, documents d’archives, actes judiciaires, livres et autres ouvrages précieux avaient été recouverts par les eaux provoquant ainsi une perte énorme au sein des richesses livresques de la capitale tchèque. La Bibliothèque Nationale avait été relativement épargnée, puisque seuls les ouvrages se trouvant au sous-sol avaient été recouverts d’eau.

Jiří PolišenskýJiří Polišenský Jiří Polišenský, directeur de l’administration et de la protection de la Bibliothèque Nationale livre ses souvenirs de l’inondation :

« Ces souvenirs sont divers. Il y a ceux de l’immensité des dégâts, de la catastrophe qui nous a frappés. Les souvenirs de notre impuissance face à la crue, face à ces eaux qui sont capables de complètement détruire des livres. Ce sont des images à jamais gravées dans nos mémoires. D’un autre côté, il y a les souvenirs positifs, ceux d’une incroyable solidarité entre les gens qui proposaient leur aide. C’est une expérience formidable qui malheureusement, après les inondations, s’est vite évanouie et qui nous manque encore aujourd’hui. »

Ainsi donc, grâce à la mobilisation des bibliothèques, l’aide de nombreux volontaires, les dons, et les moyens financiers mis à disposition par l’état, une partie des écrits à valeur culturelle et historique ont pu être sauvés.

Foto: Milena Kárná/ NKPFoto: Milena Kárná/ NKP Cette exposition immerge le visiteur au cœur de la catastrophe. Elle explique aussi quelles ont été les techniques utilisées pour mener à bien le projet de restauration des livres. Jiři Polišenský détaille les enjeux de ce processus :

« Sur 800 000 ouvrages dans toute la République tchèque, nous avons réussi à en déposer 140 000 dans des chambres de congélation où les livres ont pu attendre avant d’être séchés et restaurés. Plusieurs institutions ont participé au sauvetage : notre bibliothèque a séché des ouvrages dans trois endroits différents, qui ont été construits à cet effet. Je pense que nous avons fait sécher 70 000 ouvrages pour dix bibliothèques. »

La congélation, le séchage et la restauration des ouvrages constituent un vaste travail qui n’est pas prêt d’être terminé de nombreux ouvrages attendent aujourd’hui encore d’être remis en état.

L’exposition est ouverte toute la semaine de 9h à 19h jusqu’au 31 août. Elle sera cependant fermée en raison de congés du 21 juillet au 05 août. Le prix d’entrée s’élève à 5 Kč.

01-08-2012