Czech Made ? Sensibiliser à l’exploitation des travailleurs étrangers en RT

10-02-2009

Sur la place de la République, au centre de Prague ont été installés des panneaux avec des bandes dessinées, retraçant les expériences d’immigrés en RT. Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’un projet plus important, intitulé « Czech Made ? ». Karolína Linhartová travaille pour le Centre multiculturel, à l’origine de ce projet tchèque et européen.

 « Le projet ‘Czech Made ?’ est contre l’exploitation des immigrés sur le marché du travail en RT. Le but est de sensibiliser le public à cette problématique et changer le système actuel et faire avancer le cadre juridique. Pour la réalisation de ce projet, on a par exemple monté plusieurs reportages sur l’immigration ou on a organisé plusieurs séminaires pour les gens qui travaillent directement avec les émigrés. »

Pourquoi ce nom de Czech Made ?

 « C’est Czech Made avec un point d’interrogation. Les entreprises tchèques utilisent souvent la marque Czech Made, pour assurer les consommateurs qu’il s’agit de produits de qualité. Le point d’interrogation dans le nom du projet doit indiquer qu’il y a souvent le travail des immigrés derrière le produit, des cas où souvent les droits humains et sociaux ne sont respectés. »

Photo: Carlos FerrerPhoto: Carlos Ferrer Il y a donc une exposition place de la République au centre de Prague, des panneaux exposés avec de petites BD. Pouvez-vous nous les décrire ?

 « Il y a neuf BD qui sont tirées des reportages d’investigation. Chaque BD décrit une histoire d’un immigré qui vit et travaille en RT. Il y a des histoires de gens qui viennent d’Ukraine, du Vietnam, de Russie, de Slovaquie, de Mongolie ou de Grande Bretagne aussi. On peut voir comment les gens vivent chez nous, quels sont les problèmes. Les BD ont été réalisées par des artistes tchèques qui se sont inspirés des reportages. »

Vous disiez : sensibiliser les gens, vous disiez : changer le cadre législatif. Que voulez-vous modifier ?

 « Le plus grand problème aujourd’hui c’est que les immigrés sont souvent dépendants de leurs employeurs. Il est très facile de se retrouver dans l’illégalité. Il y a beaucoup d’intermédiaire qui abusent de la vulnérabilité des immigrés. »

Photo: Carlos FerrerPhoto: Carlos Ferrer Avec la crise économique, ce sont ces travailleurs étrangers qui sont touchés en premier. Le ministère de l’Intérieur vient de lancer un plan de retour aux étrangers qui ont été licenciés en leur allouant une certaine somme. Que vous inspire ce plan ?

 « Je pense que ça peut aider quelques étrangers mais en général, les immigrés ne veulent pas rentrer chez eux car ils ont parfois des dettes chez eux. Ils sont venus pour travailler et gagner de l’argent en République tchèque. En premier lieu, c’est la législation qui doit être changée en RT. »

L’exposition des BD, place de la République c’est jusqu’au 27 février. Elle se déplacera ensuite à Brno et Ostrava, pour finir en mai dans l’enceinte du Parlement européen à Strasbourg.

10-02-2009