De plus en plus d’étrangers vivent et travaillent en République tchèque

13-01-2017

Un nombre grandissant, et même record, d’étrangers vivent en République tchèque. Près d’un demi-million en fin d’année dernière, en majorité des ressortissants de pays de l’Union européenne, selon les chiffres publiés jeudi par l’Office tchèques de statistiques (ČSÚ). Sur un marché tchèque du travail marqué par un des taux de chômage parmi les plus faibles en Europe, ces forces vives en provenance de l’étranger, et notamment traditionnellement d’Ukraine, contribuent à la croissance économique et permettent de compenser partiellement le déficit de main-d’œuvre que déplorent les entreprises.

Photo illustrative: Pixabay, CC0 Public DomainPhoto illustrative: Pixabay, CC0 Public Domain L’information a été le premier sujet traité en ouverture du journal de 19 heures, l’heure de grande écoute, de la Télévision tchèque jeudi soir. Certes, l’actualité n’est pas spécialement chargée en République tchèque ces derniers jours. On imagine cependant mal qu’une statistique semblable à celle publiée par le ČSÚ jeudi puisse faire la une des médias dans des pays comme la France ou la Belgique.

Sachons-le donc, dans un pays qui compte un peu plus de 10,5 millions d’habitants, vivent également, et légalement, près de 500 000 étrangers, soit le total (près de 5% de la population) le plus élevé dans l’histoire du pays. Ce chiffre est en croissance constante, comme l’ont confirmé les données communiquées par le département en charge de la main-d’œuvre, de la migration et de l’égalité des chances au ČSÚ. Depuis 2004, année de l’adhésion du pays à l’Union européenne, le nombre d’étrangers possédant un permis de séjour en République tchèque a pratiquement doublé. Et pour une très large majorité d’entre eux, une motivation professionnelle se cache derrière ce choix de la République tchèque, où le taux de chômage s’élevait respectivement à 4,9 et 5,2% en novembre et décembre derniers. Pour la ministre sociale-démocrate du Travail et des Affaires sociales, Michaela Marksová, cette migration économique, compte tenu de la situation actuelle sur le marché du travail, est dans l’intérêt de tout le monde :

Michaela Marksová, photo: ČT24Michaela Marksová, photo: ČT24 « Si on regarde la situation en Allemagne voisine, on s’aperçoit qu’ils sont confrontés au même problème que nous. C’est pourquoi je pense que faire venir des travailleurs qualifiés, à condition que cette politique migratoire soit bien menée, est plutôt une bonne chose. »

Depuis quelques années, croissance économique aidant, les sociétés tchèques se plaignent de ne pas pouvoir trouver une main-d’œuvre qualifiée suffisante pour répondre à leurs besoins de production. Et avec le vieillissement de la population, un peu plus d’un Tchèque sur cinq étant à l’âge de la retraite, ces travailleurs étrangers sont devenus une nécessité pour que l’économie continue à tourner, comme le concède l’économiste Lukáš Kovanda :

« Je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’autres solutions dans l’état actuel des choses. Malgré l’accueil de cette main-d’œuvre étrangère, il existe encore près de 140 000 postes vacants sur le marché du travail. Faire venir des étrangers dans notre pays pour les employer peut donc être une solution. C’est même une nécessité, même s’il convient de tenir compte de quels milieux culturels et de quels pays ces étrangers sont originaires. »

Source: ČSÚSource: ČSÚ Parmi ces étrangers venus donc en République tchèque pour y travailler, les Ukrainiens sont, et d’assez loin, les plus nombreux. Au nombre d’un peu plus de 100 000, selon les statistiques officielles, ils représentent 23% du total devant les Slovaques (22%) et les Vietnamiens (12%). S’ensuivent les Russes (8%), les Allemands (5%) et les Polonais (4%). Le nombre de Bulgares et de Roumains tend également à augmenter. Ainsi, respectivement 6 et 7% des étrangers employés aujourd’hui en République tchèque sont des Bulgares et des Roumains. Une tendance dont les chiffres de ces deux dernières années et les prévisions macroéconomiques à moyen terme laissent à penser qu’elle se poursuivra ne serait-ce que dans un proche avenir.

13-01-2017