Depuis 20 ans, des « détectives » relèvent les indices de la présence des loups en Tchéquie

19-02-2020

Loups, ours, lynx : les grands prédateurs sont de retour en République tchèque et ils s’y portent bien. Un succès pour la biodiversité du pays qui inquiète toutefois les chasseurs et les éleveurs, qui craignent notamment une multiplication de la population du loup dont le nombre est estimé actuellement entre 60 et 80 individus. Parmi ceux qui, inversement, se réjouissent de la réapparition de ces animaux protégés, Markét Linhartová. Elle fait partie des gardes bénévoles qui, chaque week-end, sillonnent les forêts tchèques pour être au plus près des grands carnivores.

Photo: Hnutí DuhaPhoto: Hnutí Duha

« Nous sommes tous des bénévoles passionnés. Nous avons été formés pour être des correspondants des grands prédateurs qui vivent sur le territoire tchèque, c’est-à-dire des loups, des lynx et des ours. »

Photo: Hnutí DuhaPhoto: Hnutí Duha Etudiante en biologie, Markét Linhartová compte parmi la centaine de participants bénévoles à ce projet de l’ONG Hnutí Duha qui vise à mieux connaître et protéger la population de grands carnivores en République tchèque. Outre les quelque 80 loups observés dans presque toutes les régions montagneuses du pays, sont également recensés une centaine de lynx présents essentiellement dans le massif de la Sumava, ainsi que quelques ours bruns repérés dans les monts Beskides (Beskydy), région limitrophe à la Slovaquie, où la population, bien plus importante, compte environ 700 individus.

C’est justement dans les forêts profondes des monts Beskides que Markét Linhartová s’engage depuis cinq ans en tant que « détective en loups » :

« Nous nous retrouvons le vendredi soir dans un lieu précis qui nous sert de refuge pendant le week-end. Samedi matin, nous nous répartissons les itinéraires et partons sur le terrain, en essayant de pister les animaux sur un espace le plus vaste possible. On récolte les indices : des empruntes dans la neige, des poils, des excréments, des carcasses de proies sauvages, les restes d’une biche par exemple. Si l’on trouve cela, on peut placer à cet endroit un piège photographique, car il est fort probable que le carnivore y reviendra. On peut alors attester de sa présence par une photo. »

L’objectif de cette prospection sur le terrain est un suivi biologique, mais également une protection des prédateurs :

Photo: Hnutí DuhaPhoto: Hnutí Duha « Lorsque nous traversons les forêts, nous empêchons les braconniers d’abattre les animaux protégés. Nous transmettons leurs prélèvements biologiques aux scientifiques qui les analysent ensuite. Cela permet de recueillir toutes sortes d’informations sur les prédateurs et de mieux les connaître. »

Une meilleure connaissance des grands prédateurs, des loups en particulier, pourrait sans doute favoriser leur cohabitation avec l’homme qui pose problème en Tchéquie comme dans d’autres pays européens.

Par ailleurs, l’ONG Hnutí Duha souhaite développer le réseau de ses « enquêteurs » sur le terrain. A noter que ceux-ci sont chargés également du suivi d’autres animaux protégés tels que le chat sauvage, la loutre, le tétras ou encore la gélinotte des bois. Les bénévoles peuvent se joindre au projet via le site www.selmy.cz.

19-02-2020