Des ouvrières nord-coréennes ont attaqué une équipe de la Télévision tchèque

02-04-2004

Jeudi matin, un incident s'est déroulé dans la région de Chrudim, au sud-est de Prague. Des ouvrières nord-coréennes, employées en Tchéquie, ont attaqué une équipe de la Télévision tchèque.

Une des ouvrières nord-coréennes, photo: CTKUne des ouvrières nord-coréennes, photo: CTK L'équipe de la Télévision tchèque voulait réaliser un reportage sur les étrangers qui travaillent en République tchèque. Des étrangers, il y en a beaucoup. Ils sont employés dans diverses sphères de l'économie, légalement, mais aussi au noir. La Télévision tchèque avait choisi des ouvrières nord-coréennes travaillant pour une société qui fabrique des chaussures. Elles sont employés sur la base d'un permis de séjour qui vient de leur être renouvelé pour une durée d'un an. Pourquoi la société SAM, installée dans la petite commune de Skutec, emploie-t-elle des ouvrières étrangères ? Parce que le travail, coudre à la machine des chaussures de travail et des chaussons, n'intéresse pas les éventuelles ouvrières tchèques. En plus de cela, le salaire n'est pas très élevé : dans les 200 euros, même pas la moitié du salaire moyen. Pourquoi la Télévision tchèque avait-elle choisi la société SAM et ses ouvrières nord-coréennes? Parce que certains médias avaient laissé entendre que ces dernières vivaient comme des esclaves, et qu'elles étaient obligées de remettre leurs salaires à l'ambassade de la Corée du Nord. Des rumeurs qui n'ont pas été confirmées, pour l'instant. La Télévision tchèque avait informé la direction de la société de son intention de réaliser un reportage avec les ouvrières. Malentendu ou non, les ouvrières, au nombre d'une trentaine, ont attaqué l'équipe de télévision, endommagé une caméra et pris la cassette enregistrée du reportage. Selon les reporters de la Télévision tchèque, il semble qu'elles étaient commandées par une femme munie d'un portable. Naturellement, la police mène une enquête. De son côté, la représentation diplomatique nord-coréenne reste muette.

Antonin Jirucha - membre de l'équipe de la Télévision tchèque attaquée, photo: CTKAntonin Jirucha - membre de l'équipe de la Télévision tchèque attaquée, photo: CTK Le directeur financier de la société SAM, Vaclav Kosner admet qu'il soit possible que ses ouvrières nord-coréennes remettent leurs salaires à l'ambassade de leur pays. Il sait, aussi, qu'elles disent qu'elles ont souvent faim. La société leur offraient des soupes, de temps en temps. Les commerçants de la ville affirment qu'elles n'achètent pas grand-chose, mais qu'un homme de type asiatique vient régulièrement faire de gros achats de nourriture. Cela laisserait entendre que les ouvrières nord-coréennes, logées dans des dortoirs, sont nourries par une cantine... A l'atelier, les Nord-Coréennes sont bien vues : elles sont assidues dans leur travail et ne refusent aucune besogne. Pourquoi ont-elles agressé l'équipe de la Télévision tchèque ? D'après une de leurs collègues tchèques, elle avait l'air de souris prises au piège, silencieuses et souriantes, mais semblaient avoir peur. Elles ne voulaient pas être filmées pour un reportage et ont paniqué. Elles voulaient surtout se rendre à leur travail. L'agression s'est, en effet, déroulée devant l'entrée de l'usine. Une affaire assez mystérieuse, la première de ce genre en Tchéquie.

02-04-2004