Drogue : les Tchèques dans la moyenne

27-02-2002

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Selon une estimation de l'Institut tchèque des statistiques (équivalent de l'INSEE en France), plus de 300 000 Tchèques auraient acheté durant l'année 2000 pour près de 475 millions d'euros de drogue. Un chiffre inquiétant qui, pourtant, ne reflète que partiellement toute la complexité du problème. Notamment parce que, du fait de l'anonymat qu'offrent internet et téléphones portables lors des deals de drogue, déceler les réseaux s'avère être une mission de plus en plus délicate. Ainsi, la Centrale nationale anti-drogue estime que 80% des échanges se passent en toute impunité, sans que la police ne puisse intervenir. Les esprits ironiques n'omettront pas de faire constater qu'au moins sur ce point la Tchéquie se trouve dans la moyenne européenne.

Le marché des stupéfiants est en hausse, et plus particulièrement celui de la cocaïne, longtemps perçue comme la drogue des riches. Son prix, en baisse, ajouté à sa nature attractive et sa réputation de produit moins nocif, a en effet rendu la poudre blanche accessible à des classes sociales plus défavorisées. Autre tendance alarmante, la participation de plus en plus active de spécialistes qualifiés, principalement médecins et pharmaciens, à la production et la distribution de narcotiques. L'éphédrine, substance légalement produite et indispensable à la fabrication de certains médicaments, est régulièrement détournée de son usage initial, afin que l'offre de pervitine, drogue dure la plus consommée en Tchéquie, soit en quantité suffisamment abondante sur le marché.

"Les brigades des stupéfiants tchèques sont, à l'échelle internationale, considérées comme très bonnes. Là n'est pas le problème", affirme-t-on toutefois, et à juste titre, au bureau pragois du Comité pour le contrôle international des drogues de l'ONU. Les pays de l'Union européenne sont quant à eux convaincus qu'une approche et une attitude équilibrées sont indispensables dans l'appréhension de la réalité de la lutte. Toujours selon eux, un effort de prévention et une aide aux narcomanes dépendants doivent compléter les mesures de répression. Mais ne conviendrait-il pas mieux de se pencher plus attentivement sur l'éducation de la jeunesse? Assurément plus que sur une éventuelle légalisation des drogues douces...

27-02-2002