En Ukraine, le chef de la diplomatie tchèque appelle au respect des droits de l’homme

06-12-2013

La réunion des Etats membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s’est tenue à Kiev ces jeudi et vendredi dans l’ombre de la répression policière des manifestations pro-européennes. Ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kohout s’est rendu jeudi soir sur la place de l’Indépendance, Maïdan Nézalejnosti, pour exprimer son soutien aux Ukrainiens présents sur place.

L’Ukraine préside la vingtième conférence de l’OSCE, photo: CTKL’Ukraine préside la vingtième conférence de l’OSCE, photo: CTK L’Ukraine préside la vingtième conférence de l’OSCE quelques jours seulement après la tenue du sommet européen de Vilnius lors duquel le président Viktor Ianoukovitch a refusé de signer l’accord d’association de son pays avec l’UE, prétendument par crainte de la réaction russe qui pourrait avoir de graves retombées sur l’économie ukrainienne. En réaction, les manifestants pro-européens, qui ne se sont pas contentés de cet argumentaire, ont entamé une série de protestations qui ont pris encore plus d’ampleur après la répression policière du week-end dernier.

Suivant l’exemple de son homologue, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, Jan Kohout s’est lui aussi rendu sur la place de l’Indépendance, lieu principal des manifestations, pour s’imprégner et se faire une meilleure idée de l’ambiance :

Jan Kohout s'est rendu jeudi soir sur la place de l'Indépendance, photo: CTKJan Kohout s'est rendu jeudi soir sur la place de l'Indépendance, photo: CTK « Tous ceux qui ont vécu la révolution de Velours en 1989 peuvent faire un parallèle avec les événements en cours en Ukraine. Cela me touche profondément de voir les gens manifester en faveur de la perspective européenne de leur pays. Dans un contexte général de renforcement du sentiment antieuropéen, que nous connaissons également en République tchèque, il s’agit là d’un rappel précieux. Ce qui se passe en Ukraine nous rappelle que l’Union européenne a une valeur en soi en tant qu’espace de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme. »

La réunion de l’OSCE a été l’occasion pour le ministre des Affaires étrangères de rappeler l’engagement tchèque en vue d’une intégration plus étroite de l’Ukraine dans les structures européennes. Quant au Partenariat oriental dans le cadre duquel l’accord d’association aurait dû être signé, c’est un projet cher à la République tchèque, celle-ci l’ayant lancé pendant sa présidence de l’UE en 2009. Dans son discours à Kiev, Jan Kohout a mis l’accent sur le devoir qui est celui des dirigeants ukrainiens de respecter les droits de l’homme. Le chef de la diplomatie tchèque a réitéré ses propos lors de sa rencontre avec les leaders de l’opposition :

Jan Kohout, photo: CTKJan Kohout, photo: CTK « Nous avons surtout abordé la position tchèque par rapport à la situation actuelle en Ukraine. La République tchèque, comme tous les autres participants à la conférence de l’OSCE, souligne que la présidence ukrainienne se doit de respecter les principes sur lesquels repose l’OSCE, les droits de l’homme, les libertés d’expression et de rassemblement, ainsi que les principes démocratiques. »

En attendant le prochain sommet à Riga en 2015, le rapprochement avec l’Ukraine constitue le principal défi pour le Partenariat Oriental. La République tchèque se veut au cœur de ce processus. D’ailleurs, le Commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, Štefan Füle, qui est tchèque, a déjà affirmé que l’accord d’association avec l’Ukraine restait sur la table prêt à être signé dans les prochains mois.

06-12-2013