« Fuir », pris Médicis en 2005, paraît en tchèque. Rencontre avec son auteur Jean-Philippe Toussaint

24-10-2006

Jean-Philippe Toussaint, 49 ans, qui est probablement l'écrivain belge le plus traduit en tchèque, est venu présenter son dernier livre « Fuir » (en tchèque Utikat) à Prague.

Jean-Philippe Toussaint, photo: CTKJean-Philippe Toussaint, photo: CTK Le 19 octobre, il a été l'invité du Café littéraire à l'Institut français de Prague, organisé autour de la traduction tchèque de « Fuir » qui vient tout juste de sortir en librairies, ainsi qu'autour de tout son parcours d'écrivain, de cinéaste, de voyageur. Car Jean-Philippe Toussaint, dont on connaît les romans « La Salle de bain », « L'Appareil photo », « La Télévision », ou encore le film « La Patinoire », a parcouru le monde : installé aujourd'hui à Bruxelles, la ville de son enfance, il a vécu à Paris, en Algérie, à Madrid, ou encore, ces dernières années, au Japon et en Chine. Dans ces deux pays, il a situé ces dernières oeuvres : « Faire l'amour » qui raconte l'histoire d'un couple qui se déchire et « Fuir », où l'on retrouve le même couple mais quelques années avant sa séparation. En Asie, Jean-Philippe Toussaint fait figure d'un auteur culte, ses livres y battent des records de vente (au Japon, ses premiers romans ont franchi la barre des 150 000 exemplaires vendus). L'auteur a parlé de ce « phénomène » au public tchèque :

« Tous mes livres ont été traduits en japonais, j'ai été très souvent sollicité par des revues et universités japonaises. Il y a eu une véritable rencontre, une fascination, à tel point qu'à partir de 1990, moi qui ne connaissais rien du Japon, j'ai fait treize ou quatorze voyages dans ce pays, j'ai même séjourné quatre mois à la villa Kujoyama qui est une résidence d'artistes à Kyoto. Tout ce que j'ai emmagasiné comme impressions, j'ai eu envie de le restituer dans le livre 'Faire l'amour' qui se passe entièrement au Japon. Cette rencontre entre moi-même et l'Asie s'est ensuite poursuivie avec la Chine où il y a autant d'intérêt pour mes livres (et c'est aussi surprenant pour moi). Alors qu'en Amérique du Nord, par exemple, il n'y a jamais eu de déclic. J'y ai sorti quelques livres, mais sans écho. »

Considéré comme chef de fil du roman minimaliste, Jean-Philippe Toussaint est aussi apprécié pour son écriture visuelle. Comme quelqu'un qui sait écrire le mouvement, la couleur, la lumière. Quel état d'esprit lui faut-il pour écrire ?

« J'ai besoin de solitude, de calme. Parce que quand j'écris, je me projette mentalement dans un lieu, dans le lieu que je décris. Lors de l'écriture du dernier roman, j'étais vraiment en Chine même si, physiquement, je l'ai écrit en Corse et en Belgique. Tout le travail littéraire, c'est de faire en sorte que le lecteur, quand il lit le livre, se retrouve en Chine aussi. Dans le cas précédent, j'ai essayé de recréer le Japon à partir de mots. »

Rencontre avec Jean-Philippe Toussaint et la traductrice de ses livres en tchèque, Jovanka Sotolova, ce dimanche dans Culture sans frontières. Il sera question, entre autres, de « l'énergie romanesque », qui passe (ou non) comme un courant électrique entre le livre et le lecteur, et du nouveau texte de J.-P. Toussaint, « La mélancolie de Zidane ». Il paraîtra le 9 novembre en France, aux Editions de Minuit.

24-10-2006