Jérusalem : sans condamner la décision américaine, Prague ne suit pas Donald Trump

08-12-2017

« C’est une interprétation erronée ». Le ministre des Affaires étrangères tchèque a tenu à être très clair suite à l’information mise en ligne mercredi soir par le Jerusalem Post selon laquelle la République tchèque suivait la politique de Donald Trump. Le grand quotidien israélien a interprété à sa manière le communiqué publié par le ministère tchèque suite à la décision prise par le président américain de reconnaître désormais Jérusalem comme capitale d’Israël. Si Prague reconnaît « dans les faits » elle aussi la ville sainte comme capitale de l’Etat juif, il ne s’agit toutefois que de sa partie occidentale.

Donald Trump, photo: ČTKDonald Trump, photo: ČTK Historiquement, la République tchèque est un partenaire fidèle d’Israël. Ce n’est pas un hasard si les gouvernements des deux pays se réunissent à intervalles plus ou moins réguliers depuis 2012, la dernière réunion de ce type remontant à mai 2016 à Prague. Pour autant, la République tchèque réprouve toute solution unilatérale et soutient un processus de paix au Proche-Orient, qui permettrait d’aboutir à la reconnaissance de deux Etats indépendants. Et en attendant l’aboutissement, pour l’heure improbable, de ce processus de paix entre les deux parties, la diplomatie tchèque, bien qu’elle se soit abstenue de condamner la décision de Donald Trump, continue de s’aligner sur la position des autres pays membres de l’Union européenne. Interrogé par la Télévision tchèque jeudi soir, le ministre des Affaires étrangères Lubomír Zaorálek s’est efforcé de ne laisser place à aucune ambivalence dans ses propos :

« Cette position a toujours été la nôtre. Nous sommes prêts à reconnaître Jérusalem comme capitale des deux Etats, à savoir donc de l’Etat d’Israël et du futur Etat de Palestine. Nous considérons que cela dépend en priorité de l’accord de paix auquel les deux parties doivent parvenir en négociant. Et une décision relative à Jérusalem figurera dans cet accord de paix. Une partie de Jérusalem serait alors la capitale de la Palestine et une autre partie, probablement plus grande, d’Israël. C’est la solution à laquelle nous souhaitons aboutir. C’est aussi la raison pour laquelle nous faisons preuve de la plus grande prudence au sujet de Jérusalem. Nous ne considérons pas officiellement la ville comme une capitale pour ne pas anticiper la solution et l’accord que doivent trouver d’abord les deux parties concernées. »

Jérusalem, photo: ČTKJérusalem, photo: ČTK Autrement dit encore, la République tchèque ne reconnaît Jérusalem comme capitale de l’Etat israélien que « dans les faits », ou dans les limites de ligne de démarcation établie en 1967, à savoir donc la partie ouest de Jérusalem.

Comme le précise le communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, la République tchèque n’envisagera donc pas de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem que sur la base des résultats des négociations menées dans la région et dans le monde par les principales parties concernées. Et ce n’en déplaise au très pro-israélien président Miloš Zeman, favorable lui depuis plusieurs années déjà à ce transfert, comme à celui de l’Union européenne, et qui, jeudi soir encore sur la chaîne de télévision privée TV Barrandov, a fait part du sentiment de « joie » que lui a inspiré la décision de son homologue américain.

08-12-2017