La mission scientifique tchèque en Antarctique fête ses dix ans

21-01-2016

Partie fin décembre, une équipe de six chercheurs tchèques chargés d’observer les changements climatiques sur l’île James Ross en Antarctique, est arrivée à destination mi-janvier. C’est déjà le dixième anniversaire de cette expédition polaire qui s’achèvera en mars prochain.

Photo: Facebook de Polární výzkum na Masarykově univerzitěPhoto: Facebook de Polární výzkum na Masarykově univerzitě Il fait (enfin) froid en République tchèque, mais une chose est sûre, pas autant qu’en Antarctique où opère depuis quelques jours l’équipe de chercheurs de l’Université Masaryk de Brno. Partis le 27 décembre dernier pour Buenos Aires, les scientifiques ont pris ensuite leurs quartiers sur une base militaire argentine en plein cœur de la pampa patagonienne, puisque c’est grâce à l’armée argentine qu’il est possible de se rendre sur l’île James Ross, où se trouve la station Gregor Mendel. Les mauvaises conditions météorologiques et quelques problèmes de santé ont ensuite sérieusement compliqué le départ, et ce n’est que mi-janvier que les six chercheurs tchèques ont pu rejoindre leur station.

Il n’y a pas que la météo qui a menacé cette dixième expédition tchèque. Si l’an dernier pas moins de quinze scientifiques avaient travaillé sur l’île James Ross, cette année, l’équipe a été réduite à six unités en raison d’incertitudes sur le financement de la station, des incertitudes finalement réglées deux jours avant le départ, comme s’en félicite Pavel Kapler, le chef de l’expédition :

Pavel Kapler, photo: ČT24Pavel Kapler, photo: ČT24 « L’an dernier, il n’était pas sûr que le soutien aux infrastructures de recherche en République tchèque soit reconduit. Nous avons donc été contraints de préparer une plus petite expédition. Heureusement, deux jours avant Noël, le conseil du gouvernement pour les sciences et la recherche a approuvé la poursuite des projets de recherche. C’était un beau cadeau sous le sapin : certes avec des moyens plus limités, mais au moins pour les quatre prochaines années. Il est donc possible de continuer à faire fonctionner la station Gregor Mendel. »

La majorité de l’île James Ross, qui est située au large de l'extrémité nord-est de la péninsule Antarctique, est recouverte de glace, sauf au nord de l’île, où se trouve justement la station polaire Gregor Mendel. C’est là que les scientifiques de Brno opèrent, de manière saisonnière, c’est-à-dire pendant l’été austral lorsque les conditions météorologiques sont moins rudes. L’objectif de la mission est détaillé par Pavel Kapler :

Photo: Facebook de Polární výzkum na Masarykově univerzitěPhoto: Facebook de Polární výzkum na Masarykově univerzitě « Depuis le début, notre expédition a pour objectif de suivre et étudier les changements climatiques sur l’île James Ross. A côté de ces recherches climatologiques, qui sont notre préoccupation principale, nous mesurons le degré d’influence de ces changements sur les écosystèmes, c’est-à-dire sur le développement de la végétation, comme les lichens et la mousse, ou encore sur le recul des glaciers. »

Née en 2006, la station Gregor Mendel fait de la République tchèque un des 31 Etats du monde qui participent à l’étude du continent antarctique. Pavel Kapler décrit la station baptisée d’après le père de la génétique moderne, originaire des pays tchèques :

Photo: Facebook de Polární výzkum na Masarykově univerzitěPhoto: Facebook de Polární výzkum na Masarykově univerzitě « Il s’agit d’une infrastructure scientifique extrêmement bien équipée qui sert de base de travail pouvant accueillir jusqu’à vingt personnes, dont quinze scientifiques. Cette année, nous sommes moins nombreux, mais l’équipement est à la pointe. C’est assez difficile à décrire sans avoir été sur place. En tout cas, c’est un lieu de travail parfaitement équipé avec un laboratoire et tous les instruments nécessaires à nos recherches. »

D’un coût de réalisation de 60 millions de couronnes (2,2 millions d’euros), la station Gregor Mendel doit servir de plateforme d’accueil et de recherche à des institutions tchèques mais aussi étrangères pendant les trente prochaines années.

21-01-2016