La peinture inspirée par le jazz

30-10-2009

Le club de jazz U Staré Paní s’est transformé en galerie l’espace d’une semaine. C’est la première fois que le club offre ses murs à une exposition, et c’est Marie-José Růžičková qui a pu y installer ses peintures. U Staré Paní, ou « Chez la vieille dame » en français, Marie-José Růžičková n’est pas une inconnue puisqu’elle est la femme de Karel Růžička, un des pianistes de jazz tchèque les plus connus et reconnus. Elle expose des dessins et des peintures qui lui ont été inspirés par la musique de son mari.

« Ce sont en principe des aquarelles gouache. Parfois, j’utilise des crayons de couleur ou des feutres. Mais ce sont tous des dessins qui ont pris leur origine dans des soirées de jazz, soit U Staré Paní, soit dans d’autres clubs. Je me promène toujours avec un petit carnet, quelques crayons, et lorsque nous allons dans un club de jazz, j’amène des couleurs, et même de l’eau. Et suivant comment se passe la soirée, j’ai des idées, des fois un peu folles. Parfois je fais des croquis des musiciens, mais je fais toujours quelque chose. Et si je n’ai aucune idée, je commence par dessiner la date du jour. Et ensuite, je brode dessus. C’est comme ça que j’ai dessiné Pierrot, en écoutant la nouvelle composition de mon mari qui s’appelait Pierrot. Sur une moitié, c’est vraiment un pierrot, sur l’autre moitié, c’est une espèce de vague en forme de piano. Et c’est la couverture d’un des disques de mon mari. L’original est exposé ici. »

Marie-José Růžičková porte donc le nom d’un musicien célèbre en République tchèque. Il s’agit de Karel Růžička, pianiste et compositeur de jazz, aujourd’hui enseignant au conservatoire de jazz Jaroslav Ježek. Ils se sont rencontrés à Monaco, où Marie-José travaillait, alors que Karel Růžička était en tournée. Elle est arrivée en Tchécoslovaquie au début des années 80, et pratiquer sa passion de la peinture n’était pas forcément très facile à l’époque.

« Je n’avais pas le droit d’acheter le matériel, parce que je n’avais pas la carte qui disait que j’étais allée à l’école, je n’étais pas agréée à travailler. Je ne pouvais pas restaurer de tableaux. Je ne pouvais acheter que du matériel fabriqué ici, et il n’y avait que deux magasins à Prague où on pouvait acheter du matériel pour peindre. Mon mari a dit qu’il avait sa carte de la radio, alors la vendeuse a acceptée de vendre du matériel, mais à condition que ce soit du matériel fabriqué en Tchécoslovaquie. »

Aujourd’hui, Marie-José Růžičková peut s’exprimer en toute liberté, sans contraintes matérielles. Elle s’inspire donc de la musique, mais également de la ville de Prague. Son exposition est encore visible en cette fin de semaine dans le club de jazz U Staré Paní.

30-10-2009