La rougeole n’est plus « éliminée » en Tchéquie

30-08-2019

L’Organisation mondiale de la santé a retiré la République tchèque de la liste des pays où la rougeole est considérée comme « éliminée ». Une mauvaise nouvelle pour le pays longtemps considéré comme l’un des Etats les plus à la pointe en matière de couverture vaccinale.

Photo: Dave Haygarth on Foter.com / CC BY 2.0Photo: Dave Haygarth on Foter.com / CC BY 2.0 Déjà 585 cas de rougeole ont été diagnostiqués en République tchèque depuis le 1er janvier 2019. C’est bien plus que le double par rapport à l’année dernière, où 207 cas ont été enregistrés, et bien plus qu’en 2016 où seuls 7 cas ont été répertoriés.

Cette flambée de rougeole, que les experts n’hésitent plus à qualifier d’épidémie, touche la République tchèque, mais également l’ensemble de l’Europe et de nombreux autres pays du monde.

Considérée à tort comme une maladie bénigne, la rougeole se transmet essentiellement par voie aérienne. La personne contaminée devient contagieuse la veille de l’apparition des premiers symptômes, et le reste cinq jours encore. Fièvre, fatigue, toux, éruption cutanée caractéristique dont la couleur lui donne son nom, sont les différentes manifestations de la maladie.

Le chirurgien cardiaque de cet hôpital d’Ostrava a fait partie des neuf personnes du personnel médical infectées en mai dernier. Chez Jiří Sieja, la maladie a même provoqué une infection oculaire :

« J’ai attendu dix jours que ma vision à l’œil droit se rétablisse. La rougeole a commencé comme une sorte de grippe, avec une sensation de torpeur, des douleurs musculaires et aux articulations, et surtout avec de la fièvre. »

Une personne malade pouvant en contaminer quinze à vingt autres, la recrudescence de la maladie est prise très au sérieux, depuis son retour en force, par les autorités sanitaires des pays concernés. D’autant que comme le montre l’exemple de cet hôpital du nord-est du pays, le personnel médical n’est pas épargné par l’épidémie.

Photo illustrative: Dirk Fuhlert / Pixabay, CC0Photo illustrative: Dirk Fuhlert / Pixabay, CC0 Les causes de cette résurgence de la rougeole sont multiples : d’abord la baisse de la couverture vaccinale. Celle-ci n’atteindrait plus le seuil nécessaire de 95 % de la population totale, le principe de ce seuil étant que la minorité de personnes non vaccinées est protégée par l’immunité du reste de la population, empêchant, de fait, la contagion.

Si la rougeole est considérée avant tout comme une maladie infantile, les enfants étant plus vulnérables à l’infection, la maladie touche également de plus en plus les adultes, chez lesquels l’évolution peut également s’avérer grave. Ce sont d’ailleurs les adultes qui sont le vecteur le plus important de la diffusion du virus. Plus on avance en âge, plus le nombre de personnes vaccinées tend à diminuer, le problème majeur étant les adultes qui n’ont pas reçu la deuxième dose de vaccin étant enfants : plus sensibles à la maladie, mais également plus mobiles, ils sont davantage susceptibles de propager la rougeole.

Enfin, les autorités sanitaires au niveau international s’inquiètent de la désinformation sur le sujet, de nombreux parents succombant à une méfiance vis-à-vis de la vaccination. Adam Vojtěch, ministre de la Santé :

« La seule manière d’éradiquer à nouveau la rougeole, c’est la vaccination. Il faut retrouver un niveau d’immunité collective comme auparavant. C’est quelque chose qui doit nous motiver à faire en sorte que la vaccination soit générale. S’il le faut, les personnes qui refuseront la vaccination seront sanctionnées. »

La rougeole reste l’une des principales causes de mortalité chez les enfants du monde entier. Si dans une majorité de cas, la guérison est sans séquelles, le virus peut toutefois avoir de graves conséquences. Les complications de la maladie peuvent entraîner des encéphalites ou une infection grave des poumons, voire la cécité.

30-08-2019