Le ministère des Transports n’interdira pas l’utilisation des segways

27-03-2015

Les segways pourront continuer de circuler sur les trottoirs des villes tchèques. Echappant à toutes les catégories de la loi sur la circulation routière, ces petits véhicules électriques monoplaces, dont les utilisateurs sont considérés comme des piétons, sont devenus un thème très discuté en République tchèque depuis leur apparition et leur développement il y a quelques années, essentiellement dans le centre de Prague. Mais malgré les critiques, le ministère des Transports a annoncé, jeudi qu’il renonçait à son projet de leur interdiction totale.

Photo: Kristýna MakováPhoto: Kristýna Maková Les piétons, notamment à Prague, se plaignent régulièrement de l’utilisation des segways sur les trottoirs. Véhicules très utilisés surtout par les touristes, les segways sont accusés d’être la cause de l’augmentation de nombre de collisions en raison de leur vitesse et du manque de prévenance de leurs conducteurs, comme le confirme le maire du premier arrondissement de Prague, Oldřich Lomecký :

« Il ne s’agit pas seulement des plaintes des gens. Il est souvent demandé à la police d’intervenir même si elle ne peut rien faire puisque le ministère a défini les trottoirs comme l’espace destiné à la circulation des segways. Pourtant, nous pensons que le segway, avec ses quelque 50 kilos et une vitesse maximale de 21 km/h, peut être dangereux et causer des blessures. Une personne qui se déplace sur un segway n’est pas un piéton. »

C’est dans ce contexte que le ministère des Transports a envisagé d’interdire totalement l’utilisation de ces véhicules. Mais le projet a finalement été abandonné cette semaine. Président de l’Association segway République tchèque, Milan Kudrys considère cette nouvelle comme positive et ajoute que les segways contribuent d’abord au développement du tourisme dans la capitale tchèque :

« Prague n’offre pas beaucoup de possibilités aux touristes et, donc, il est nécessaire que cette offre soit élargie et que les touristes viennent y dépenser de l’argent, surtout dans cette situation économique un peu difficile. Quant à la circulation des segways, il y a des règles assez rigoureuses. Les usagers sont bien instruits. Et à vrai dire, l’utilisation d’un segway n’est pas si difficile. »

Milan Kudrys poursuit en indiquant qu’il voit ce moyen de déplacement plutôt comme un nouveau concept du mouvement dans les villes :

Photo: Kristýna MakováPhoto: Kristýna Maková « Il ne s’agit pas seulement d’un business stupide, comme on pourrait le penser à première vue. C’est une nouvelle perception des déplacements en ville, pas seulement à Prague mais au niveau de toute l’Union européenne. Le segway ne peut pas être considéré comme l’équivalent d’un moyen de transport, c’est un équivalent de la marche. Et d’ailleurs, même la police du premier arrondissement de Prague utilise les segways depuis plusieurs années lors de ses services. Et je crois qu’ils ont fait leurs preuves. »

Même si le ministère des Transports ne prendra pas des mesures interdisant l’utilisation des segways, son porte-parole, Tomáš Neřold, précise que cette décision d’interdire ou de limiter leur utilisation devrait désormais revenir aux communes. Oldřich Lomecký affirme que, notamment dans le centre touristique de Prague, la situation ne peut pas ne pas évoluer dans un proche avenir :

« La régulation doit venir et elle viendra d’ailleurs. Nous ne pouvons pas accepter cette nouvelle situation parce que si l’on n’intervient pas à temps, et le nombre de segways augmente à un rythme insupportable, les plaintes seront de plus en plus nombreuses. »

La République tchèque n’est pas le seul pays à vouloir apporter des changements sur ce plan. L’utilisation de ces véhicules dans les espaces publics a été déjà interdite à Londres et limitée à Berlin.

27-03-2015