« Le postier tchèque n'est pas une menace pour les postiers suédois » selon Cyril Svoboda

15-11-2005

« Un peu de courage, s'il vous plaît, débloquons cette situation », voilà en substance l'appel qu'a lancé le ministre des Affaires étrangères tchèque, Cyril Svoboda, à la conférence parlementaire internationale sur la libre circulation des travailleurs entre les Etats membres de l'UE, qui s'est déroulée ce lundi.

Le ministre tchèque des Affaires étrangères Cyril SvobodaLe ministre tchèque des Affaires étrangères Cyril Svoboda On se souvient de l'espèce de folie paranoïaque vis-à-vis de l'afflux potentiel de travailleurs au Royaume-Uni qui avait agité la presse à scandale britannique, au moment de l'entrée officielle des 10 nouveaux Etats, ou encore les peurs suscitées chez les Français par le fameux « plombier polonais », lors de la campagne du référendum sur la Constitution européenne. Autant d'arguments irrationnels, souvent utilisés à des fins politiques internes. Ce qui n'empêche pas qu'en attendant, seuls trois pays, la Grande-Bretagne, la Suède et l'Irlande ont ouverts leurs frontières et leur marché du travail à huit des nouveaux Etats membres. Les autres Etats ont négocié des limitations d'accès et de nombreuses périodes dites transitoires.

En octobre dernier, le Premier ministre, Jiri Paroubek, lors de sa première visite officielle en France, avait justement abordé le sujet avec des représentants de l'Etat français. Agnès Leclerc, du Ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale, a évoqué cette rencontre au micro de Radio Prague :

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne « Je ne suis pas dans la confidence de tout ce qui s'est dit entre ces personnalités, mais ce que je peux dire, c'est qu'à ce stade, il n'y a pas de position arrêtée quant à la décision qui sera prise au 1er mai 2006, qui constitue la fin de la première période transitoire de deux ans, à l'issue de laquelle, au vu du bilan et de ce qui ce sera passé au cours de ces deux ans, on pourra décider de la suite qui sera apportée pour la deuxième phase de trois ans. »

Lors de la conférence de lundi, les voix tchèques se sont élevées en faveur de l'annulation de ces fameuses « périodes transitoires » qui représentent en tout un total de sept ans. Déjà, certains Etats comme la Finlande, le Portugal, l'Espagne, la Hollande ou la Belgique se montrent favorables à l'ouverture de leurs marchés du travail, sans restrictions. La France, quant à elle, sur proposition de Jiri Paroubek en octobre dernier, ne concède pour l'heure qu'une plus grande ouverture et plus de facilités dans le cas des étudiants étrangers, en tout cas, d'après Agnès Leclerc :

« S'agissant des personnes qualifiées, donc des personnes diplômées, je pense que ce qui a plutôt été évoqué, c'est le fait de pouvoir autoriser à rester travailler sur le territoire, les étudiants qui ont fait leurs études en France. Les étudiants, dans le cadre des périodes transitoires, peuvent venir en France, il n'y a pas de restrictions à leur venue pour faire leurs études en France. Dans le cadre de réflexion pour renforcer l'attractivité du territoire français, notamment vis-à-vis des étudiants et des chercheurs, il a été effectivement convenu de faciliter au maximum l'accès au marché du travail des personnes venues étudier en France, pendant leurs études, puisqu'elles peuvent travailler à mi-temps et après leurs études. »

15-11-2005