Le premier module spatial de simulation tchèque en plein montage

19-02-2014

Un groupe d’experts tchèques membres de l’association civique du Centre de recherche spatiale Hydronaut (Občanské sdružení Hydronaut centrum kosmického výzkumu) s’est lancé dans un projet de construction d’un module spatial d’essai il y a plus de trois ans de cela. Après avoir réuni suffisamment de fonds, l’équipe du projet Hydronaut peut continuer dans sa fabrication cette année. Ce module devrait servir à simuler de longs vols spatiaux et à observer tout ce qui peut être effectué dans une zone de 20 mètres cubes. Particularité : seule la NASA américaine possède un module spatial d’essai similaire. Au micro de Radio Prague, Matyáš Šanda, responsable du projet Hydronaut, est revenu sur cette étonnante aventure.

Hydronaut, photo: Archives de ČRoHydronaut, photo: Archives de ČRo C’est à la fin de cette année que l’équipe d’Hydronaut, composée essentiellement de plongeurs professionnels, souhaite réaliser la première immersion du module spatial de simulation, qui n’a pas encore trouvé sa forme finale. Matyáš Šanda a révélé qu’il essaie de réaliser ce simulateur de façon concrète depuis sept ans, et même si l’idée remonte au début des années 1980, il a présenté son projet pour la première fois au Congrès international astronautique qui s’est tenu en 2010 à Prague. Matyáš Šanda confirme qu’il est effectivement possible, de par son utilisation, de considérer ce projet comme un projet spatial à part entière :

« En principe, nous allons simuler les différents aspects des missions sous l’eau, laquelle remplace, lors d’un équilibrage parfait, le plan de pression neutre. Ainsi, nous allons pouvoir nous occuper des activités extravéhiculaires (EVA – Extra-Vehicular Activity, ndlr), qui sont toutes des activités réalisées dans l’espace à l’extérieur d’un véhicule spatial, sur une autre planète ou sur un autre objet. L’eau possède ce grand avantage qu’il est possible par son biais de simuler l’apesanteur. »

Matyáš Šanda, photo: YouTubeMatyáš Šanda, photo: YouTube Le module, qui porte le nom de DeepLab, est destiné à un équipage composé de trois personnes, dont l’état mental sera mis à l’épreuve pendant la durée des missions, d’une semaine en moyenne. S’il ne s’agit pour l’instant que d’un prototype légèrement plus petit que le modèle 3D, Matyáš Šanda explique quelle est l’ambition d’Hydronaut, un projet qui regroupe trois projets spécifiques, le DeepHome, le DeepFarm et le DeepLab :

« Le premier but d’Hydronaut est de construire le dispositif intitulé DeepHome H01, qui s’inscrit dans les paramètres du module NODE, qui, lui, fait partie d’une station spatiale internationale. Actuellement, nous sommes en pleine construction d’un prototype, afin de pouvoir construire un module de taille réelle dans le futur. Mais pour cela, beaucoup de données et de technologies sont nécessaires, on parle de ‘vérification des données et des étapes’. Donc, actuellement, nous construisons un prototype plus petit, le DeepLab, afin d’atteindre par la suite le but initial. »

Grâce à une initiative de la Radio tchèque et à la méthode du ‘crowdfunding’, autrement dit de la ‘production participative’, créée sur le serveur Startovač, le projet de simulation a permis de récolter près de 300 000 couronnes (environ 11 000 euros) ; une somme qui reste encore assez éloignée de celle indispensable pour l’aboutissement de l’entreprise. Mais une fois que les conditions nécessaires de physique seront réunies et que le système de support de vie sera mis en place, Matyáš Šanda dévoile quelles seront les premières utilisations du module prototype DeepLab :

Hydronaut, photo: Vilém FaltýnekHydronaut, photo: Vilém Faltýnek « La première phase sera une simulation hors de l'eau, pendant laquelle nous allons nous enfermer pendant une semaine, afin de vérifier, en toute sécurité, les différentes fonctions indispensables, ainsi que le système de support de vie. Lorsque tout semblera fonctionner, nous le plongerons dans un caisson, et c’est là que l’on vérifiera tous les différents systèmes de montée et de descente, la vitesse de l’immersion, etc. Si tout va bien, entre trois à six mois après ces essais, nous pourrions effectivement organiser une mission de simulation vers un astéroïde, et ce sur les plans de la NASA. »

Appuyé par l’Office de l’espace tchèque (Česká kosmická kancelář) et l’Institut de médecine aéronautique (Ústav leteckého zdravotnictví), le projet a également l’ambition de rassembler, par le biais des missions de simulation, des données pouvant servir dans de nombreux domaines. Le module permettra d’obtenir non seulement des informations liées au développement et à la construction d’autres équipements spécialisés de ce type, mais il pourra aussi être utilisé dans le domaine de la recherche, de la formation et de l’éducation : à savoir dans la médecine hyperbare, dans le cadre de recherches psychologiques, botaniques ou environnementales, ainsi que dans celui d’entraînements de secouristes, de sapeur-pompiers ou de plongeurs militaires.

19-02-2014