Le Sénégal rencontre Prague

06-09-2007

Musique, chant, théâtre à Zizkov. Un petit bout de Sénégal était invité mardi et mercredi soir au théâtre Ponec. « Le Sénégal rencontre Prague » était organisé pour la troisième année : une collaboration de trois semaines entre danseurs et percussionnistes sénégalais et tchèques, avec la participation de Gambiens et d'Australiens.

Libass Guye, batteur de l'équipe :

« C'est un projet qu'on a commencé à Prague, on l'a continué à Dakar, parce qu'il y a des femmes, qui viennent de Tchéquie et qui partent au Sénégal pour apprendre la danse africaine. C'est un projet qu'on a créé pour faire savoir aux gens qu'il y a pas différentes races, toutes les races sont les mêmes. Il n'y a pas de sang noir, jaune, tous les sangs sont rouges. Donc pourquoi ne pas travailler avec les Européens, comme à Prague ? Ici, c'est un petit pays, mais il n'empêche qu'il y a beaucoup d'artistes, d'après ce que j'ai vu. Parce que, ces gens-là, j'ai travaillé avec eux, une semaine seulement pour leur donner le rythme. Et, ça, je dis que c'est pas très facile dans les autres pays. Les femmes sont tchèques, et la majeure partie des batteurs sont tchèques.

Le thème du spectacle s'appelle « Si tu es seul, tu vas savoir qui tu es », car quand tu es seul, tu penses à beaucoup de choses, sur toi. On l'a appelé comme ça pour lancer un message pour les gens qui sont dans l'art, pour s'exprimer et ne pas dire « celui-là il est blanc, celui-là il est marocain ». C'est souvent cela qui amène les problèmes à propos des Africains qui partent dans les pays européens, parce que certains y font des choses illégales. Moi je suis là pour travailler, après le travail je rentre au Sénégal. On n'est pas là pour faire de la politique, mais pour une affaire de positif. »

Le spectacle a été monté par un jeune danseur sénégalais, Pape Ibrahim N'Dyae, dit Kaolack. La pièce, dansée et chantée, débute avec une scène de vie dans un village sénégalais.

« L'histoire, c'est l'histoire d'une jeune fille, adolescente, qui s'en fout de la vie. Elle croit que si le ciel tombe, elle peut l'attraper, et elle ouvre les yeux sur le côté mystique de la vie et c'est le combat entre les êtres humains et les génies, qui ne sont pas mauvais, qui ne sont pas bons non plus. »

Et ils sont représentés par deux danseurs, (vous et Peter) qui se battent et qui portent des peaux de bêtes.

« Oui, d'ailleurs, je remercie Peter car c'est le seul homme qui est venu et qui s'est battu avec moi. Parce que, en République Tchèque, voir des hommes danser, c'est un problème. Je n'en vois pas. J'aimerais bien leur demander. Il y a juste les filles qui dansent. »

06-09-2007