L'Oratorio de Terezin rend hommage aux victimes de l'holocauste

27-01-2004

Le 27 janvier, Journée de la mémoire de l'holocauste, l'Opéra d'Etat de Prague donne en première et unique présentation la partition de Franz Waxman, l'Oratorio de Terezin, composée sur les textes d'enfants juifs déportés à Terezin.

D'anciens prisonniers des ghettos et des camps de concentration nazis ainsi que des élèves et étudiants sont les principaux invités à la première pragoise de cette oeuvre qui n'est donnée qu'une seule fois, le 27 janvier, jour anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz. L'Oratorio est interprété par des chanteurs autrichiens accompagnés de l'orchestre Ensemble Sonare. La création visuelle est une oeuvre des étudiants en design de l'Université de Linz. Le compositeur allemand Franz Waxman, réfugié en 1934 en Amérique pour fuir le nazisme, a composé son oeuvre en 1965. Il l'a créé sur les textes de poèmes écrits par des enfants déportés à Terezin. Mme Alena Munk-Synkova est probablement le dernier de ces enfants juifs tchèques déportés à Terezin, aujourd'hui encore en vie. Son poème dédié à Olga fait partie de l'Oratorio de Franz Waxman. Alena Munk-Synkova s'en souvient:

Alena Munk-Synkova, photo: CTKAlena Munk-Synkova, photo: CTK "Mon souvenir personnel est qu'à la fin de la guerre, Willy Groac qui dirigeait l'un des dits foyers d'enfants, y a rassemblé tous les papiers écrits et peints qui y sont restés après le départ des enfants. Tous ces documents - de petits poèmes, lettres aux parents, dessins, il les a offerts au Musée juif de Prague. C'est ainsi qu'ils ont été sauvegardés. En 1964 a été publié le premier recueil de poèmes et de dessins d'enfants de Terezin. Sa publication à l'étranger a suscité un écho énorme. Franz Waxman n'a pas été le seul artiste qui ait décidé de les mettre en musique. Cette réflexion, verbale ou picturale, d'enfants de Terezin, c'était leur instinct de conservation et un espoir de pouvoir, peut-être, retourner à la maison. Elle faisait partie de l'activité culturelle déployée dans le ghetto par des artistes qui ont ainsi cherché à maintenir l'apparence d'un lien avec la vie d'avant la déportation..."

Le plus grand complexe de concentration nazi, Auschwitz, surnommé camp de la mort, a été libéré le 27 janvier 1945. Près de 1 500 000 hommes, dont 960 000 Juifs, 21 000 Tziganes, y avaient été mis à mort. Dans beaucoup de pays européens, le 27 janvier est officiellement décrétée Journée de la mémoire de l'holocauste. La Tchéquie devrait s'y joindre très prochainement. Le projet de loi sur les jours de commémoration, dont le 27 janvier, fait actuellement l'objet d'un débat au Parlement.

27-01-2004