Noms de famille des femmes tchèques : vers la fin du suffixe-ová ?

Source: WordArt.com

Les femmes tchèques pourraient être autorisées à supprimer le suffixe -ová de leur nom de famille. La Commission de l'administration publique et du développement régional de la Chambre basse a recommandé aux députés de modifier l’amendement de la loi sur les registres des naissances, des prénoms et des noms, permettant ainsi aux femmes d’avoir leur mot à dire sur la question malgré la position défavorable du gouvernement.

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Nováková, Vomáčková ou Dušková : la plupart des noms de famille des femmes tchèques se terminent généralement par le suffixe -ová, qui désigne le genre grammatical. Cependant, les femmes tchèques ont de plus en plus tendance à abandonner ce suffixe et à utiliser après leur mariage la forme masculine de leur nom de famille (Novák, Vomáčka, Dušek). A l’heure actuelle, la législation tchèque autorise les femmes à abandonner le suffixe -ová seulement si elles ont une nationalité étrangère, si elles vivent avec un étranger ou si elles ont une résidence temporaire dans un pays étranger.

La plupart des linguistes tchèques, dont Karel Oliva, soutiennent la pratique actuelle, estimant que le suffixe -ová est un élément essentiel de la grammaire tchèque :

Karel Oliva,  photo: Alžběta Švarcová,  ČRo
« La structure de la phrase en tchèque est différente de celle en anglais. Nous ne distinguons pas les catégories comme sujet ou objet de la phrase par leur position dans la phrase, mais par les terminaisons de cas. Si nous ne mettions pas -ová ou un suffixe similaire aux noms de famille des femmes tchèques, nous serions incapables d’exprimer non seulement le cas, mais aussi le genre. Si on ne l’ajoute pas, ce sera comme si le nom n’avait pas de cas et était un nom masculin. Cela entraîne évidemment des malentendus dans la communication. »

En dépit de la logique linguistique, un nombre croissant de femmes tchèques préfèrent utiliser la forme masculine de leur nom de famille, selon le député du Parti Pirate Ondřej Profant. C’est la raison pour laquelle il a proposé un amendement au projet de loi sur les registres des naissances, qui permettrait aux femmes de choisir. Ondřej Profant :

Ondřej Profant | Photo: Aktron,  Wikimedia Commons,  CC BY 3.0
« Nous avons effectué notre propre sondage. Par exemple, au bureau d’enregistrement de Prague 13, 28% des femmes ont demandé à avoir la forme masculine de leur nom de famille. Une tendance similaire peut être observée en dehors de la capitale. Par exemple à Břeclav, c’était 11% des femmes. Ce n’est pas un nombre insignifiant et cela montre qu’il y a une partie des femmes qui considèrent cela comme un problème. Et je ne me soucie pas vraiment de savoir pour quelle raison c’est un problème pour elles. Je veux juste qu’elles aient la possibilité de faire leur propre choix. »

Ce changement est soutenu par la Commissaire du gouvernement pour les droits humains, Helena Válková. Les députés sont susceptibles de voter sur la proposition d’amendement fin mai ou début juin. Si l’amendement est approuvé, il pourrait entrer en application au milieu de l’année prochaine.