Partenariat régional : un don de masques tchèques à la région Grand Est

17-04-2020

Il y a quelques temps la République tchèque avait fait quelques gros titres de la presse européenne dans la fausse affaire des masques volés. Cette semaine, c’est encore de masques qu’il est question mais cette fois-ci, dans le cadre d’un don de la région de Vysočina à la région Grand Est, deux entités régionales partenaires. Pour évoquer cette livraison bienvenue dans une des régions de France les plus touchées par l’épidémie de Covid-19, RPI s’est entretenu avec Alexandre Mora, directeur de cabinet du président de la région Grand Est, Jean Rottner.

Alexandre Mora, photo: YOuTubeAlexandre Mora, photo: YOuTube « L’envoi était dense puisqu’il y avait à la fois des masques chirurgicaux, des masques FFP2, du matériel nécessaire pour les hôpitaux comme des sur-chaussons, des blouses. Donc un échantillon complet qui naturellement ira directement dans les hôpitaux de la région pour épauler la démarche dans laquelle nous sommes. Certes l’épidémie a touché toute l’Europe, mais comme vous le savez, notre région a été un des épicentres. Rien que l’hôpital de Mulhouse qui a été en première ligne et qui est situé dans un bassin de 250 000 habitants, consomme 12 000 masques par jour. Donc tout ce qui peut être donné aujourd’hui, mais aussi acheté, puisque la région en a acheté plus de sept millions, sert aujourd’hui à la fois aux soignants, mais également aux patients qui sont dans les hôpitaux. En République tchèque comme en France, il y a des gens qui sont dans les hôpitaux et qui n’ont pas le Covid-19, qui viennent pour d’autres pathologies et qui doivent impérativement se protéger comme les autres pour éviter d’attraper cette maladie. »

A la différence notable qu’en Tchéquie, le port du masque est généralisé et obligatoire dès que l’on sort de chez soi. Précisons un peu le contenu de cet envoi : il y a des masques, de l’équipement médical. Quelles sont les quantités ? On parle de 7 000 masques envoyés…

Photo illustrative: ČTK/LEHTIKUVA/Emmi KorhonenPhoto illustrative: ČTK/LEHTIKUVA/Emmi Korhonen « Même un peu plus de 9 000. Je tiens à préciser que la livraison contenait à la fois un don de la région de Vysočina, notre région partenaire, mais il y aussi un don du Rotary Club de Jihlava et de la société Efko-karton que je remercie. Il y a une démarche globale, menée et conduite par madame Eva Decroix, avocate à Jihlava et le docteur Svítil qui ont coordonné cet envoi avec le Rotary Club. C’est donc à la fois le don d’une institution, notre région partenaire mais aussi des associations de philanthropie qui se sont organisés autour du Rotary et d’une entreprise dont je remercie également le PDF M. Kotík. Tout le monde s’est mobilisé pour nous aider. »

Un bel élan de solidarité qui permet de rappeler qu’il existe en effet un partenariat de longue date avec la région de Vysočina : d’abord avec la région Champagne-Ardennes puis, depuis la réforme territoriale, avec la région Grand Est. On voit que ce genre de partenariat prend également tout son sens, toute sa valeur dans les moments de crise…

Photo: ČTK/ZUMA/Kamila StepienPhoto: ČTK/ZUMA/Kamila Stepien « Oui, toute sa valeur. Et je dois dire qu’on a beaucoup parlé de la position de l’Europe dans cette crise et un des plus beaux gestes que nous pouvons avoir aujourd’hui, c’est cette aide entre, et au cœur des régions européennes. Nous parlons là d’une région tchèque, mais nous avons ici aussi d’étroits partenariats entre des villes de la région Grand Est et des villes tchèques. Et puis nous avons aussi eu des dons qui sont arrivés d’Autriche, d’Allemagne, du Luxembourg, de Belgique. L’enjeu est de faire face à une crise sanitaire européenne : d’un jumelage, on est passés à des partenariats que je pourrais qualifier de stratégiques. Je souhaiterais remercier, comme l’a fait Jean Rottner, le président de la région Grand Est, à la fois son homologue de la région de Vysočina mais aussi toutes les autorités tchèques qui ont facilité cette arrivée. Il est heureux de voir que la solidarité européenne n’est pas un vain mot. »

Jihlava, photo: Markéta KachlíkováJihlava, photo: Markéta Kachlíková Puisqu’on parle de ce partenariat, une délégation de la région Grand Est devait se rendre à Jihlava fin mai dans le cadre du festival Bonjour Vysočina, pour participer entre autres à un forum d’entrepreneurs. Ce n’est que partie remise ?

« Bien sûr. On aura l’occasion au plus vite de revenir à Jihlava et d’échanger physiquement puisqu’aujourd’hui nos relations sont toutes devenues numériques. Partout en Europe on commence à annoncer le déconfinement qui a déjà commencé au Danemark. Je crois que dès que ce sera possible nous devrions relancer les échanges à l’intérieur de l’espace Schengen et notamment entre la République tchèque et la France. »

17-04-2020