Pour les étrangers, il sera moins compliqué de travailler en République tchèque

16-11-2016

Les étrangers salariés ou exerçant une activité entrepreneuriale en République tchèque devraient voir leurs conditions de séjour simplifiées dans un proche avenir. Ce mercredi, le gouvernement devait en effet examiner un amendement qui doit notamment permettre aux étrangers travaillant en République tchèque de rester plus de 90 jours sans avoir pour cela à demander une prolongation de leur titre de séjour.

Photo illustrative: Filip Jandourek, ČRoPhoto illustrative: Filip Jandourek, ČRo Si le texte est adopté par le gouvernement puis par le Parlement, comme cela est fort probable, les ressortissants issus des pays tiers de l’Union européenne qui séjournent en République tchèque pour des raisons professionnelles seront nouvellement autorisés à rester six mois, soit près de trois de plus qu’actuellement. La durée de leur séjour pourra même grimper jusqu’à deux ans à certaines conditions, comme le précise la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Martina Němcová :

« Pour ce cas de figure, il convient que l’activité en question soit liée à un investissement dont le montant cumulé des différentes composantes est supérieur à 20 millions de couronnes (740 000 euros) et dont la mise en œuvre permet la création d’au moins dix emplois. L’intérêt, l’importance, la crédibilité, la rentabilité et la faisabilité du projet seront ensuite examinés par le ministère de l’Industrie et du Commerce. »

Actuellement, les titres de séjour attribués aux étrangers salariés en République tchèque sont limités à 90 jours, une durée que nombre de travailleurs, contraints alors de faire prolonger leurs papiers auprès du département de police en charge des étrangers, estiment insuffisante. C’est le cas aussi de la plupart de leurs employeurs, comme le confirme Karel Havlíček, président de l’Association des petites et moyennes entreprises, artisans et autres autoentrepreneurs (AMSP ČR), une organisation favorable à la nouvelle législation envisagée :

Karel Havlíček, photo: Alžběta Švarcová, ČRoKarel Havlíček, photo: Alžběta Švarcová, ČRo « Nous sommes actuellement confrontés dans notre pays à une pénurie de main-d’œuvre dans la plupart des secteurs d’activité. Il n’y a donc rien de mal à ce que quelqu’un qui a envie de travailler en République tchèque puisse bénéficier d’un régime un peu plus souple. Bien sûr, cette prolongation de la durée autorisée de séjour à six mois ne résout pas tous les problèmes. Il ne s’agit là encore que d’une petite avancée, mais cette évolution a au moins le mérite d’aller dans le bon sens. »

Selon les derniers chiffres publiés par l’Office du travail pour le mois d’octobre, où le taux de chômage (5%, soit une baisse de 0,2 point par rapport à septembre), a été le plus faible enregistré en République tchèque depuis décembre 2008, le nombre de postes vacants s’élève actuellement à un peu plus de 139 000, soit là aussi un niveau record pour ces neuf dernières années. Une situation de quasi plein-emploi qui pose donc certains problèmes et à laquelle cette nouvelle loi visant à favoriser l’emploi de travailleurs étrangers constitue un élément de solution.

A noter toutefois que, contrairement à ce que prévoyait le programme du conseil des ministres, cet amendement n’a finalement pas été débattu par le gouvernement ce mercredi, et ce en raison de l’absence de plusieurs ministres, parmi lesquels celui de l’Intérieur. Un report qui ne remet néanmoins pas en cause le projet.

16-11-2016