Qui sont les immigrés illégaux en République tchèque ?

22-03-2013

Le nombre d’étrangers en situation irrégulière en République tchèque a légèrement augmenté en 2012. C’est ce qui ressort d’une récente statistique de la Police tchèque publiée jeudi. Plus précisément, les « sans-papiers » seraient presque 3500 à vivre dans le pays, ce qui représente une augmentation de 200 personnes comparé à 2011. Aussi, les autorités seraient de plus en plus souvent confrontées à des cas de mariage gris et d’abus de reconnaissance de paternité. Coup de projecteur sur la situation.

Photo: Comission européennePhoto: Comission européenne Plus de mille Ukrainiens, environ 400 ressortissants russes et un nombre similaire de Vietnamiens vivent, selon la police, sur le territoire tchèque à titre illégal, pour n’évoquer que les groupes de sans-papiers les plus importants. Le nombre d’étrangers en séjour légal s’élève, quant à lui, à 430 000, en sachant que les ressortissants de l’UE n’ont pas l’obligation de se manifester auprès des autorités. Toutefois, l’Etat tchèque admet que les chiffres relatifs à la migration illégale ne sont qu’approximatifs. Nous écoutons l’explication de Vladimír Takáč, représentant de la Police étrangère :

« Nous ne savons pas exactement combien d’immigrés illégaux sont passés par la République tchèque l’année dernière. Ce que nous connaissons exactement, c’est le nombre de personnes en situation irrégulière arrêtées. Je crois que l’augmentation de ce nombre d’arrestations par rapport à l’année dernière est due à la hausse du nombre de policiers qui recherchent ces personnes, notamment à Prague. »

Photo: Région de PlzeňPhoto: Région de Plzeň Selon Vladimír Takáč, la République tchèque est notamment le pays de destination pour les migrants originaires de l’ex-URSS et du Vietnam : « Je suis persuadé que dans ces cas-là, il s’agit surtout d’une migration dite économique. Souvent, les ressortissants de ces pays arrivent en République tchèque à titre légal et décident ensuite de rester, et ceci pour différentes raisons. Cela peut être lié à la récession économique : certains d’entre eux n’ont pas réussi à se faire embaucher légalement et à prolonger leur séjour. Ils continuent à travailler, mais clandestinement. »

Pour d’autres personnes, venues de pays secoués, actuellement ou par le passé, par des conflits militaires, tels que la Syrie ou l’Afghanistan, la République tchèque est un pays de transit.

Archives de Radio PragueArchives de Radio Prague Le mariage gris n’est pas un phénomène de masse, mais leur nombre serait aussi en légère hausse : les récentes statistiques policières parlent notamment de ressortissants nigériens qui arrivent avec un visa de courte durée et se marient avec des Tchèques en vue d’obtenir un permis de séjour. En revanche, la « paternité grise » serait un problème plus récurrent : le nombre de cas d’étrangers essayant de légaliser leur séjour en tant que pères fictifs a été multiplié par trois au cours de l’année précédente.

Il faut souligner que le jour de la publication des chiffres en question, le Sénat a adopté une nouvelle législation visant à améliorer la situation des étrangers qui bénéficient du droit d’asile en République tchèque : ils pourraient par exemple désormais voyager dans les pays de l’UE. Il n’empêche que la République tchèque est souvent perçue comme un pays trop bureaucratique et peu accueillant vis-à-vis des demandeurs d’asile : en 2011, seulement une centaine de demandes sur plus de 700 ont été acceptées.

22-03-2013