Tourisme et crise : les Français viennent à Prague mais se serrent la ceinture

05-08-2009

Crise mondiale oblige, le tourisme Pragois a tendance à décliner. A tel point que la municipalité a décidé de lancer une gigantesque campagne publicitaire dès la rentrée, pour pas moins de 50 milliards de couronnes. Mais qu’en est-il des touristes francophones ? Ont-ils déjà déserté Prague pour s’offrir des vacances moins chères à domicile ?

Au pied de l’horloge astronomique, la crise paraît ne jamais avoir eu lieu, tant les touristes sont nombreux à attendre le célèbre ballet des automates. Il suffit de tendre l’oreille pour comprendre que la grande majorité des touristes pragois sont étrangers. Parmi eux, nombreux viennent de France. Un peu plus loin sur le Pont Charles, nous avons rencontré Geneviève et Catherine. Elles avaient prévu de venir passer quelques jours à Prague depuis longtemps et n’ont pas changé d’avis. La crise, elles en ont plus entendu parler que véritablement ressenti les effets.

« Je dirais heureusement on n’a pas trop ce soucis. C’est vrai qu’on fera peut-être un peu plus attention, pour acheter moins futile, mais pour les postes comme les vacances entre amis, on n’a pas bougé d’un iota notre façon de faire. »
« C’est les vacances ! (rires) Non, pendant les vacances on se lâche un peu, et on verra à la rentrée. S’il faut se resserrer la ceinture, on le fera à ce moment-là. »

D’une manière générale, les touristes français sont unanimes : crise ou pas crise, pas question d’annuler leur départ pour Prague. En revanche, pour beaucoup, c’est une fois sur place qu’il faut faire attention au budget. Et pour des vacances à coût réduit, Fabienne, de Normandie, ne manque pas d’imagination.

« On ne va pas à l’hôtel, on ne va pas au restaurant, on dort dans notre voiture, on se fait juste deux jours dans un camping à Prague, donc ça va vraiment être très peu cher. Et puis comme on se nourrit d’une boîte de thon, de fruits et de tomates, tout va bien ! Ce sont des petites combines, mais ce sont des petites combines de vie en général, ce n’est pas propre au moment de la crise. C’était déjà les petites combines de l’année dernière ou il y a dix ans. Mais je pense qu’effectivement s’il y avait hôtel à réserver et restaurant, ce serait complètement exclu. »

Les Français sont donc toujours bien présents dans les rues de Prague. Même s’ils avouent pour la majorité avoir réduit leur budget, et faire plus attention au prix. C’est un constat partagé par Patrick Beslon. Il est le cofondateur d’une agence de voyages spécialisée dans l’accueil de touristes francophones, Avantgarde Prague. La crise selon lui n’a pas été catastrophique pour le tourisme de loisir. Mais elle a modifié le comportement des touristes.

« Il y a effectivement une petite baisse de fréquentation, mais finalement les Français sont là. Ils sont là mais le concept de voyage a changé, c'est-à-dire qu’on vient pour une période plus courte que les années précédentes ; pour cinq jours, alors qu’avant c’était beaucoup plus courant d’avoir des gens pour sept-dix jours. Ils font des économies, dans leur comportement, par exemple ils vont préférer un hôtel moins cher, et donc faire des économies sur ce genre de prestations. Mais ils sont là quand même pour visiter, donc sur les visites guidées, je n’ai pas senti de baisse significative. »

Le tourisme de loisir n’est donc pas encore en danger à Prague. D’un point de vue général, la fréquentation des touristes étrangers continue d’augmenter chaque année même si cette croissance est aujourd’hui ralentie. L’année dernière, ils étaient 4,5 millions à avoir fait le déplacement, permettant à Prague de se placer en septième position des capitales d’Europe les plus visitées. En revanche, c’est bien la durée du séjour qui a tendance à diminuer. A l’inverse, l’exigence des touristes vis-à-vis du prix des prestations est de plus en plus grande. Comme leur capacité à trouver toutes les combines pour des vacances moins chères.

05-08-2009