Zdeněk Štybar triomphe sur la 6e étape du Tour de France

10-07-2015

Depuis la victoire de Ján Svorada en 2001 sur les Champs Elysées, cela faisait 14 ans que la Grande Boucle n’avait pas enregistré de victoire d’étape tchèque ! Mais jeudi, le coureur Zdeněk Štybar de la formation Etixx-Quick-Step a mis un terme à cette longue parenthèse en remportant au culot la 6e étape du Tour de France entre Abbeville et Le Havre, longue de 191,5 km.

Zdeněk Štybar au nez et à la barbe des sprinters

Zdeněk Štybar, photo: ČTKZdeněk Štybar, photo: ČTK Pour cette 102e édition marquée par la participation record de quatre coureurs tchèques dans le peloton (http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/quatre-coureurs-tcheques-un-record-au-depart-du-tour-de-france), les spécialistes de la petite reine voyaient s’illustrer les talentueux et expérimentés Leopold König (Sky) et Roman Kreuziger (Tinkoff-Saxo). Mais en attendant, hier après midi, c’est donc un autre Tchèque qui a brillé sur les routes de France.

Disputant sa première Grande Boucle, Zdeněk Štybar a surpris tout son monde. A commencer par les sprinters qui pensaient se disputer le gain de cette sixième étape. A l’arrivée, il a fallu un petit peu de temps au Tchèque pour revenir sur Terre :

« Je commence seulement maintenant à réaliser ce que je viens de réussir à faire. Je me suis calmé et depuis quelques minutes je profite de cet instant. Ma femme m’a donné un bracelet juste après avoir accouché et je pense très fort à eux, mon fils Lewis n’a que deux semaines et ce n’est pas très facile pour la mère étant donné que je suis parti sur le Tour deux jours seulement après le retour de la maternité… »

Zdeněk Štybar, photo: ČTKZdeněk Štybar, photo: ČTK Déjouant les pronostics, le baroudeur-puncheur Zdeněk Štybar, rompu aux efforts intenses du cyclo-cross dont il a été trois fois champion du monde (2010, 2011 et 2014), a fait parler son expérience et son sens tactique lors de cette 6e étape promise aux finisseurs. Cet expert du changement de braquet s’est littéralement arraché du groupe de tête en plaçant une accélération foudroyante dans le final, juste après qu’une chute générale a balayé l’avant-garde de la course.

Faussant compagnie au peloton juste après la flamme rouge, il a réussi à creuser un écart suffisant pour résister aux retours des cadors du sprint, dont le spécialiste slovaque Peter Sagan qui finissait deuxième sur ses talons à deux petites secondes.

En bonne forme, Štybar était pourtant davantage attendu sur la 4e étape reliant Seraing (en Belgique) et Cambrai, étape qui comportait des secteurs pavés, son terrain de jeu favori, comme en attestait sa récente deuxième place lors du dernier Paris-Roubaix, la meilleure performance de l’histoire jamais réalisée par un Tchèque dans une des cinq classiques.

Il s’y est effectivement distingué en se maintenant aux avant-postes jusqu’au bout (9e place) et en aidant judicieusement son coéquipier Tony Martin à aller chercher la gagne. Se positionnant en fin renard en tête du groupe de chasse dans le dernier virage, il ralentissait volontairement l’allure des poursuivants et favorisé ainsi l’échappé.

Tony Martin, photo: ČTKTony Martin, photo: ČTK L’Allemand Tony Martin, actuel maillot jaune du Tour, lui a involontairement rendu la pareille au Havre en provoquant la chute collective à un kilomètre de l'arrivée dont le Tchèque a opportunément profité pour prendre la poudre d’escampette et s’imposer.

Malgré cette deuxième victoire d’étape, un sentiment mitigé règne au sein de la formation tchèque Etixx-Quick-Step

Photo: ČTKPhoto: ČTK Altruiste, Zdeněk Štybar a le triomphe modeste et s’est inquiété une fois la ligne passée de l’état de santé de son maillot jaune de leader.

Et, malheureusement, cette victoire allait avoir un goût amer pour l’équipe Etixx-Quick-Step, propriétaire d’un autre Zdeněk, Bakala. Au soir de cette étape, les examens médicaux pratiqués sur Tony Martin ont révélé une fracture de la clavicule gauche, l’obligeant à abandonner.

Le Tour de France perdait un deuxième maillot jaune, cette année, après l’abandon de Fabian Cancellara, lui aussi victime d’une chute. Un forfait hautement préjudiciable à l’équipe Etixx-Quick-Step où Tony Martin tenait le rôle de poisson-pilote pour le redoutable sprinter britannique Mark Cavendish.

La réorganisation de l’équipe devrait profiter à Zdeněk Štybar, actuel 9e du classement général et qui aura sans doute dans le viseur d’autres victoires d’étape. Et qui sait, durant la quinzaine de compétition restante, aller chercher deux autres succès qui lui permettraient d’égaler le record du nombre de victoires d’étape sur le Tour (trois), détenu par le même Ján Svorada…

10-07-2015