Ces mots qui caractérisent l’année 2017

29-12-2017

Cette nouvelle revue de presse propose d’abord un certain regard sur l’année qui touche à sa fin. Elle offre ensuite quelques données concernant le goût des Tchèques pour la lecture. Pourquoi est-il essentiel de maîtriser sa langue maternelle ? Une réponse également dans cette émission. Quelques mots aussi au sujet de l’enneigement artificiel qui est désormais répandue en Tchéquie. Petra Kvitová et son retour spectaculaire sur les courts de tennis ; tel sera enfin le dernier sujet traité dans cette rubrique.

Photo: GDJ / Pixabay, CC0Photo: GDJ / Pixabay, CC0 Quel est le mot qui caractérise le mieux l’année 2017 et pourquoi ? C’est une question posée dans la dernière édition de l’hebdomadaire Respekt à plusieurs personnalités de différents domaines de la vie publique. Le mensonge, la lâcheté, la campagne, le relativisme, le bitcoin, la tension. Tels sont quelques-uns des mots que les personnes interrogées ont évoquées dans le cadre cette mini-enquête en y ajoutant des explications dont voici quelques extraits :

« Il est évident que dans de nombreuses situations, les gens ne prennent pas leurs décisions en tenant compte d’informations authentiques et vérifiées. La forme compte souvent plus que le contenu et la prétendue vérité appartient à celui qui arrive à provoquer l’émotion juste. Voilà pourquoi ce sont les menteurs qui arrivent souvent à s’imposer... La lâcheté est le contraire du courage dont nous avons tellement besoin et qui nous manque. Il s’agit par exemple du courage des journalistes de ne pas se faire intimider, de celui des représentants politiques d’éviter le populisme ou encore du courage d’admettre son erreur ou de s’engager au profit des autres... La contestation de problèmes tels que la discrimination, les inégalités sociales, le réchauffement climatique global. Tels sont quelques-uns des signes de la relativisation des problèmes qui existent et qui sont pourtant largement ignorés... S’agissant du bitcoin, le tour de force enregistré de cette crypto-monnaie en 2017 représente un phénomène jamais vu auparavant. »

L’année 2017 s’est déroulée en Tchéquie et dans le monde sous le signe de la tension provoquée par des événements qui ont renforcé, tant à l’échelle mondiale qu’à l’échelle locale, la fragmentation des sociétés... C’est ce que constate aussi cette mini-enquête effectuée par l’hebdomadaire Respekt.

Les Tchèques aiment lire

Photo: Barbora NěmcováPhoto: Barbora Němcová Le livre est est un des cadeaux de Noël préférés en Tchéquie. A la veille des fêtes, le supplément Orientace du quotidien Lidové noviny s’est penché sur le goût des Tchèques pour la lecture. Il rapportait à ce propos :

« Les recherches concernant la culture de la lecture tchèque qui sont effectuées depuis de longues années par l’historien littéraire Jiří Trávníček révèlent que les Tchèques se rangent parmi les lecteurs les plus assidus tant en Europe que dans le monde. Les pays scandinaves et les pays baltes, le Canada, le Japon et la Corée du sud se situent également en haut de ce peloton imaginaire. La Tchéquie se distingue dans ce domaine notamment comparé à ses voisins. Près de 6 % des Tchèques lisent une cinquantaine de livres par an, beaucoup plus que par exemple les Allemands ou les Polonais. D’un autre côté, il y a près de 80 % des habitants du pays qui consomment au moins un livre par an. En moyenne, les Tchèques lisent près de treize livres par an. »

D’après l’auteur de ce texte, le livre classique ne semble pas être menacé par les liseuses de livres électroniques qui sont apparues dans le pays il y a une dizaine d’années de cela. Au début, cette façon de lire était très en vogue mais aujourd’hui, elle l’est beaucoup moins, les lecteurs tchèques préférant dans leur majorité le format papier. C’est aussi dans leurs choix littéraires de Noël que les Tchèques font preuve d’un certain conservatisme. Cette année encore, à l’instar des années précédentes, ce sont les romans policiers, les livres d’enfants, des encyclopédies et des livres culinaires qui ont été les plus sollicités. L’article indique enfin que l’année dernière, près de 15 000 titres ont été édités en République tchèque.

Bien apprendre sa langue maternelle

Photo: Jana ŠustováPhoto: Jana Šustová Pourquoi est-il important d’étudier la langue maternelle enseignée dans les écoles primaires tchèques dès la première année de premier cycle ? Le quotidien Mladá fronta Dnes a posé la question à une spécialiste de la linguistique, Ivana Bozděchová, qui a expliqué :

« La langue est non seulement une des inventions les plus ingénieuses de l’humanité sans laquelle rien ne pourrait exister, mais elle est aussi importante pour nous en tant qu’individus, pour notre société et pour le monde entier. Nous percevons la langue maternelle comme une chose évidente et comme un simple instrument de communication. Comme telle, nous avons tendance à la sous-estimer et à ne pas profiter de toutes les possibilités qu’elle offre. Or, l’apprentissage de cette langue doit occuper une place privilégie dans l’enseignement. Chaque personne doit connaître non seulement ses règles et sa grammaire, mais elle est appelée à savoir tirer profit de l’ensemble du potentiel que la langue propose. A l’heure actuelle, notre langage est pauvre, simplifiée et rapide. Nous estimons qu’il est plus moderne et plus efficace mais en fait, il ne l’est pas, car nous n’utilisons pas des expressions inédites et imagées. »

Ces temps derniers, l’adoption de certains mots de l’anglais est ce qui marque le plus la transformation de la langue tchèque. D’après la spécialiste citée par le journal Mladá fronta Dnes, il s’agit de l’un des traits de la mondialisation qui est commun à la majorité des langues modernes.

L’enneigement artificiel en Tchéquie

Photo: ČTKPhoto: ČTK La couche de neige est mince actuellement dans les montagnes tchèques, sauf pour les plus hautes. Pour satisfaire les très nombreux amateurs de ski qui s’y trouvent en cette fin d’année, les grandes stations de ski offrent des pistes artificiellement enneigées. Si cette pratique devenue courante est bien accueillie par les amateurs des sports d’hiver, elle a en même temps de quoi inquiéter les défenseurs de la nature. Un texte mis en ligne sur le site aktuálně.cz explique :

« L’enneigement artificiel est le seul moyen d’assurer des pistes blanches tout au long de la saison d’hiver. Mais on parle rarement des nombreux problèmes que cela entraîne. Il existe certains travaux de recherche qui s’y penchent mais aucun d’entre eux n’étudie les retombées à long terme de l’enneigement. Et pourtant, son impact négatif sur la nature est évident. »

Dans le contexte du réchauffement climatique global, presqu’aucune station de ski en Tchéquie ne pourra à l’avenir se passer de l’enneigement artificiel, constate l’auteur de ce texte. Une pratique à laquelle de plus en plus de stations ont d’ailleurs désormais recours.

Petra Kvitová : un retour comme une victoire personnelle

Petra Kvitová, photo: ČTPetra Kvitová, photo: ČT « Cette année a été pour moi plus importante qu’une autre. Chaque balle que je pouvais jouer, c’était comme un miracle. » C’est ainsi que la joueuse de tennis Petra Kvitová, double lauréate de Wimbledon, a caractérisé pour le quotidien Lidové noviny l’année écoulée au cours de laquelle elle a effectué un retour sur les courts de tennis aussi spectaculaire qu’inattendu. Rappelons qu’en décembre 2016 la joueuse a été agressée à son domicile au couteau et grièvement blessée à la main gauche. Gauchère, elle a dû se retirer pendant de longs mois de l’univers du tennis avec une perspective plus qu’incertaine. Pourtant, comme le souligne le journal, il s’est avéré que Petra Kvitová était dotée d’une plus grande force que l’on ne l’aurait imaginé. Après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales, elle s’est inscrite dès le mois de mai au tournoi de Rolland Garros avant de remporter par la suite celui de Birmingham en juin. Elle se souvient :

« Au cours de cette année, j’ai vécu toute sorte d’émotions négatives que nul ne devrait connaître. Les sentiments de bonheur ont été par la suite d’autant plus intenses. Au début, je ne savais pas ce que j’allais devenir, mais j’ai tout fait pour ne pas me résigner. Impossible de décrire l’euphorie que j’ai ressentie lorsque j’ai gagné mon premier match à Rolland Garros. Mes larmes, c’étaient des larmes de bonheur. »

Sa participation au tournoi de Wimbledon cette année a été pour Petra Kvitová, d’après ses propres dires, plus importante que ses deux précédentes victoires. Son retour, elle le décrit comme une victoire sur elle-même. Toutefois, avec la nouvelle saison qui s’ouvre au mois de janvier, Kvitová redevient une joueuse « normale », dont la popularité dépendra uniquement de son jeu.

29-12-2017