Des bourses pour mieux se concentrer sur les recherches

22-11-2007

Pour la cinquième fois, une cérémonie de remise de bourse d’un montant de 75 000 couronnes (un peu moins de 2 800 euros), à trois étudiants tchèques, s’est déroulée cette semaine, à Prague. Ceux-ci sont le fruit d’un partenariat entre la Komercni Banka et le CEFRES. On écoutera les responsables des deux institutions, ainsi que les étudiants qui se sont vus attribuer ces bourses.

Laurent GoutardLaurent Goutard Laurent Goutard, directeur général de la Komercni Banka :

« Cinq années de partenariat, c’est déjà une étape significative et je pense que ce partenariat qui s’est enrichi au fil du temps, montre l’importance commune que nous attachons ensemble à la promotion des relations culturelles et éducatives entre la République tchèque et la République française. Ce que nous apprécions au travers de ce partenariat, c’est le professionnalisme, la créativité et la détermination dont font preuve tous les ans les lauréats. Ces trois lauréats ont tout au long de leur cursus à convaincre un jury composé de professionnels éminents de la qualité et de la pertinence de leur réflexion. Cinq années de partenariat, c’est à la fois une période suffisamment longue pour être représentative, mais en même temps quand on positionne nos institutions, c’est encore une période courte, et je crois qu’il nous reste encore pour le futur à prolonger, à intensifier et à faire vivre au quotidien ce partenariat très riche… Je crois que les trois thèmes choisis ont un thème commun très important. Ils tournent autour des ressources humaines, de la qualité, de la préparation et de l’anticipation dans le futur d’un certain nombre de tendances d’évolution que l’on voit déjà dans l’économie tchèque aujourd’hui. Un des thèmes qui a été retenu tourne autour des déterminants des dépenses de santé et nous savons qu’en République tchèque et d’ailleurs dans toute l’Europe et aux Etats-Unis, c’est aujourd’hui un sujet extrêmement important, parce que la maîtrise des dépenses de santé est un des éléments clés de l’évolution de la société dans les années à venir. Le vieillissement de la population qui était le second thème est aussi extrêmement important, parce que nous savons tous que nous sommes ici tout spécifiquement en République tchèque et plus largement au cœur de l’Europe centrale, confrontés à ce que l’on pourrait qualifier de crise démographique qui commence à avoir dès maintenant des impacts très importants sur la vie économique et sociale du pays. On l’observe tous les jours au quotidien et je dois dire que je suis très marqué par ce que j’entends depuis six mois, un an, qui revient maintenant de façon transversale et systématique dans la bouche de tous les hommes d’affaires tchèques ou étrangers installés en République tchèque, et c’est la pénurie de main d’œuvre qui est déjà existante et qui va sans doute s’accélérer. Cela nous amène au troisième thème retenu, les mécanismes de la régulation de l’immigration qui sont au cœur de cette problématique des ressources humaines pour le futur. Si le développement de la République tchèque et plus largement de l’Europe centrale veut continuer à se faire à une marche rapide, il faudra certainement passer par un accroissement des flux migratoires. Voilà pourquoi les trois thèmes au-delà de leur caractère théorique, ont des considérations pratiques extrêmement fortes pour comprendre, expliquer la République tchèque d’aujourd’hui et les enjeux pour la République tchèque de demain ».

Mme Marie-Claude Maurel, directrice du CEFRES, ajoute :

« J’observe que les lauréats ont des parcours marqués du saut de l’européannéité. Ils ont appris le français en République tchèque, dans le cadre des filières francophones, notamment au lycée Jan Neruda, mais ils pratiquent aussi d’autres langues européennes, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le polonais, le russe, à eux trois, dans le cadre du programme Erasmus, ils ont fréquenté les plus grandes universités européennes, la Sorbonne à Paris, mais aussi l’Université de Bruxelles ou celle de Berlin et ils ont participé à des conférences, à des écoles d’été dans plusieurs pays européens ».

Que signifie la bourse pour Katerina Pavlokova, dont les recherches portent sur les déterminants des dépenses de santé ?

 « Cela me permet de continuer la recherche et de poursuivre mes études à l’Université Charles ».

Pourquoi avez-vous choisi ce thème précis ?

 « Je travaille au Ministère de la Santé publique, j’ai alors la possibilité d’avoir des données. J’ai choisi le thème du vieillissement de la population dans le contexte de la Santé. C’est un thème qui m’intéresse du point de vue de son importance pour l’économie de la République tchèque à l’avenir… Je ne dois pas utiliser la bourse pour un but très précis. C’est de l’ argent qui est offert pour la continuation de notre travail. »

Qu’aimeriez-vous faire à l’avenir ?

 « C’est une question difficile, car je ne sais pas encore. Mais je pense que je voudrais rester en République tchèque. Je continuerai probablement mon travail au ministère, car c’est un projet très intéressant. La réforme du système de santé m’intéresse beaucoup et je voudrais suivre comment ça procède ».

Marek Canek s’intéresse aux mécanismes de la régulation de l’immigration de travail :

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne « La bourse va me donner l’occasion de me concentrer encore davantage sur ma recherche dans le domaine de l’immigration que je fais pour mon doctorat. Je crois qu’il existe un problème d’ordre général en République tchèque, c’est que les étudiants ont l’habitude d’étudier et à en même temps de travailler ce qui compromet un peu la qualité de la recherche et du doctorat. Comme ça, je vais avoir plus de temps pour me pencher vraiment sur la question qui m’intéresse. »

Petr Hedvabny examine les effets du vieillissement démographique sur le marché du travail :

« Pour moi, la bourse constitue une aide très importante pour mes études me permettant de me consacrer davantage à la recherche en sciences économiques, plus précisément au phénomène du vieillissement de la population et qui est un grand défi pour le marché du travail. Cette recherche, ce n’est pas le simple jeu d’un scientifique, mais c’est une chose qui aide à comprendre des thèmes qui sont importants pour toute la société. »

Vos études une fois terminées, voudriez-vous travailler ne serait-ce que pour un certain temps, à l’étranger ?

« J’ai déjà étudié pendant une année à Berlin et j’ai fait un semestre à Paris, et j’ai visité plusieurs autres pays. A l’avenir, on ne sait jamais, s’il y a une opportunité intéressante, alors pourquoi pas, c’est bon pour acquérir des expériences. Mais à long terme, je veux rester et travailler en République tchèque. »

22-11-2007