Václav Klaus, un nom toujours présent dans l’arène politique

Cette nouvelle revue de presse présentera d’abord quelques réactions aux récents propos de l’ex-président Václav Klaus concernant la prochaine élection présidentielle. Elle offrira ensuite quelques précisions au sujet de l’électorat du mouvement ANO d’Andrej Babiš qui se recrute principalement parmi les personnes âgées. Il sera également question d’un nouveau défi à relever par le milliardaire tchèque Daniel Křetinský en lien avec son engagement médiatique en Pologne. Les écueils liés à la meilleure espérance de vie des Tchèques et les projets prévus par le président de la République Miloš Zeman seront deux autres sujets traités.

Klaus Václav, photo: Khalil Baalbaki, ČRoKlaus Václav, photo: Khalil Baalbaki, ČRo Dans un entretien accordé à la télévision privée Prima, l’ancien président tchèque Václav Klaus, 76 ans, a évoqué l’éventualité d’une prochaine candidature présidentielle, tout en évoquant celle de son fils, Václav Klaus junior. Comme prévu, cette déclaration a suscité un assez grand intérêt dans la presse. L’auteur d’un texte mis en ligne sur le site aktualne.cz explique pourquoi il faut « sortir de la préhistoire et aller de l’avant » :

« Tels des lapins hypnotisés par des cobras, nous semblons toujours en proie à une emprise idéologique du passé, fascinés par les politiciens liés aux années 1990. Le fait que la déclaration de Václav Klaus ait soulevé une vague d’interrogations et de réflexions en est un témoignage éloquent. Il serait en revanche logique et ‘normal’ si elle ne donnait lieu qu’à un sourire amusé, car les chances de ce sympathisant du parti AfD et de Poutine, tout comme celles de son fils qui se présente comme sa copie, devraient être nulles. Les nouveaux candidats doivent être des gens d’aujourd’hui qui ont quelque chose à offrir, qui ne veulent pas faire de la Tchéquie un pays autoritaire mais dont la manière de penser est moderne et occidentale. »

Pour l’auteur de la note publiée sur le site aktualne.cz, Václav Klaus, père et fils, n’ont rien à dire à la jeune génération. Il est en effet difficilement imaginable que les jeunes Tchèques donnent leurs voix à l’un d’entre eux, d’autant moins que tous les deux dénoncent l’appartenance de la Tchéquie à l’Union européenne. Or, le temps est venu de détourner, enfin, les yeux de ces « cobras » et de regarder vers l’avenir : « à la place des années 1990, les années 2020. »

Le site lidovky.cz rappelle pour sa part qu’à la fin du mandat présidentiel de Miloš Zeman, d’ici près de quatre ans, Václav Klaus aura 80 ans. S’agissant de son fils, il le décrit comme « un prédateur politique qui défend des opinions plus radicales encore que son père et qui, de ce fait, inquiète la partie modérée du Parti civique démocrate (ODS) dont il est membre, ainsi qu’une importante partie du spectre politique. » Et de conclure : « Il n’y a pourtant aucun doute que le nom de Klaus suscite encore aujourd’hui chez beaucoup de gens des émotions positives, incarnant pour eux une icône qui mérite d’être suivie. »

Le mouvement ANO, un parti de seniors ?

Au cours des huits dernières années, la République tchèque a vu apparaître un phénomène unique. Elle serait en effet le seul pays d’Europe à avoir donné naissance à un parti de seniors qui constitue à la fois la plus forte formation politique du pays. C’est ce que constate l’auteur d’une note publiée sur le site echo24.cz pour préciser :

« Le mouvement ANO d’Andrej Babiš domine la scène politique tchèque grâce au soutien des plus de 60 ans. Une analyse des intentions de vote effectuée par l’agence Kantar pour la Télévision tchèque a confirmé qu’en dépit de l’affaire non élucidée de novembre dernier, liée au prétendu enlèvement du fils du Premier ministre en Crimée, plus de la moitié des personnes appartenant à cette catégorie d’âge était prête à plébisciter le mouvement ANO et son leader. Ce dernier l’emporte également, mais avec un score plus modeste, chez les électeurs de 45 à 59 ans, tandis que les générations plus jeunes se tournent principalement, toujours selon ce sondage, vers le Parti pirate. »

Ce constat conduit l’auteur de l’article à faire mention d’un « important conflit de générations. »

Une nouvelle épreuve pour le milliardaire Daniel Křetinský

Daniel Křetínský, photo: ČT24Daniel Křetínský, photo: ČT24 L’hebdomadaire Respekt consacre plusieurs pages de sa dernière édition à la situation des médias en Pologne et au rôle qui pourra être joué dans ce contexte par le milliardaire tchèque Daniel Křetinský qui possède désormais l’importante Radio ZET. Cette deuxième station sur le marché polonais qui a été fondée en 1990 par l’ancien dissident Adam Michnik et qui propose des programmes critiques à l’égard du gouvernement, Křetinský l’a rachetée l’année dernière au groupe français Lagardère, dans la foulée d’autres médias en Tchéquie, en Slovaquie et en Roumanie. A présent, la radio figure dans la ligne de mire des propriétaires de l’hebdomadaire polonais wSieci qui souhaitent l’acheter. Constatant que ceux-ci sont connus comme des sympathisants du parti gouvernemental Droit et Justice et des défenseurs d’une ligne conservatrice dure, le magazine remarque :

« Maintenant, Daniel Křetinský peut démontrer dans la vie pratique quelle est sa position à l’égard des médias. Il s’agit de savoir s’il les considère comme un instrument d’influence ou bien uniquement comme une affaire commerciale. Ou encore comme une preuve de son engagement civique en faveur d’un fonctionnement sain de la société. Par ailleurs, en achetant le tabloïd Blesk, le milliardaire tchèque avait expliqué son irruption dans le paysage médiatique par sa volonté d’empêcher leur récupération par des manipulateurs, une façon d’assurer au large public un accès à des ‘informations normalement structurées’. »

L’hebdomadaire Respekt rappelle que c’est par les mêmes motivations que Křetinský a expliqué son entrée au Monde et dans d’autres périodiques français. Et de conclure :

« Il est difficile de prévoir dans quelle mesure sa volonté de protection des valeurs libérales se reflètera, aussi, dans le cas de la Pologne. En Tchéquie, Křetinský ne parle plus aux médias depuis longtemps. D’après les informations parues dans les médias polonais, c’est durant ce mois de janvier que l’on devrait obtenir quelques réponses à cette question. »

Vivre plus longtemps ne veut pas dire vivre en bonne santé

Photo illustrative: Ivana VonderkováPhoto illustrative: Ivana Vonderková Au cours des 50 dernières années, l’espérance de vie en Tchéquie s’est prolongée de huit ans, la longévité moyenne des hommes étant de 76 et celle des femmes de 81 ans. Le quotidien Lidové noviny s’interroge à ce propos sur la question de savoir si les gens seront capables de vivre de plus en plus longtemps avec dignité et en bonne santé ou bien s’ils passeront ces années « supplémentaires » souffrant de maladies et de différentes infirmités liées à la vieillesse. La réponse qu’il donne n’est pas très favorable car, contrairement à une meilleure espérance de vie, la perspective des hommes tchèques de vivre en bonne santé s’est raccourcie. Il explique pourquoi :

« La majorité des hommes tchèques n'est pas habitué aux activités physiques et sportives, ils aiment la cigarette, boivent de l’alcool, mangent des plats trop salés, ne se font pas contrôler la pression sanguine. Leur santé devient alors une proie facile pour toutes sortes de maladies de civilisation. Or, le fait que les Tchèques vivent plus longtemps n’est pas le résultat d’une bonne hygiène de vie, mais des progrès de la médecine. »

Le quotidien économique Hospodářské noviny relève que ni la société tchèque ni sa politique sociale ne sont préparés au vieillissement de la population. Ce manque concerne les personnes âgées en bonne santé et, plus encore, « toute une armée de seniors qui nécessitent une aide. » Le tout au moment où les gens passent en moyenne vingt-quatre ans à la retraite, cette durée ayant tendance à se prolonger.

Les projets de Miloš Zeman pour 2019

Miloš Zeman, photo: Archives de ČRoMiloš Zeman, photo: Archives de ČRo Cette année, Miloš Zeman va passer moins de temps à l’étranger, mais il compte en revanche intervenir plus souvent et plus activement dans la politique locale. C’est ce que rapporte le quotidien Mladá fronta Dnes qui s’est penché sur les projets envisagés par le président de la République Miloš Zeman cette année. En ce qui concerne les visites à l’étranger, seules cinq sont a priori prévues, dont la première sera effectuée, au mois de février, en Slovaquie, à l’occasion de la rencontre des présidents des neuf pays qui ont entamé il y a vingt ans leur processus d’adhésion à l’OTAN. Le journal a remarqué à ce propos :

« Pour le président qui essuie souvent des critiques de la part d’une partie de la population et des politiciens en raison de sa prétendue volonté d’orienter la Tchéquie à l’Est, ce sera un anniversaire important qui lui permettra de manifester son intérêt pour les bonnes relations avec les alliés occidentaux. Par ailleurs, lorsque le pays est entré, il y a vingt ans de cela, dans l’OTAN, Miloš Zeman était Premier ministre. »

L’Autriche, la Chine, la Hongrie et la Serbie sont les autres pays que le chef de l’Etat tchèque devrait également visiter cette année.