Eva Pilarová

01-09-2008

Parmi les chanteurs du renouveau artistique des années 1960, la grande dame du swing et du jazz, Eva Pilarová ne peut pas manquer. Sa tessiture à trois octaves et la perfection technique de sa soprano brillent dans son Requiem écrit en rapport avec l’invasion en août 1968 en tant que parabole à l’apocalypse du monde. Cette chanson émotionnelle s’est profondément gravée dans les esprits des Tchèques par ses paroles urgentes qui reprochent mais qui ne désespèrent pas.

Eva PilarováEva Pilarová Chanteuse, actrice, lauréate de dizaines de prix tchèques et internationaux, photographe amateur et excellente cuisinière, tout cela c’est Eva Pilarová dont la carrière musicale a commencé par l’étude de l’opéra au Conservatoire Janáček de Brno. Attirée de plus en plus par le rock et le jazz, elle arrive, au début des années 1960, au Semafor, scène phare du rock’n’roll et du twist à Prague. C’est dans ce théâtre emblématique qu‘Eva Pilarová chante, en 1966, la Poupée de cire, une chanson de Serge Gainsbourg sur le texte tchèque de Zdeněk Borovec.

Eva Pilarová quitte Semafor, se produit sur une autre scène praguoise connue, Rokoko, pour continuer à chanter avec ses propres ensembles. Après 1968, elle connaît un succès lors de ses tournées qui l’amènent à Cannes, à Madrid, à Rio de Janeiro, à Cuba… La disgrâce du régime normalisateur, et la mort de six membres de son orchestre dans un accident aérien, au début des années 1970, la poussent à se taire un certain temps. Eva Pilarová ne retourne sur scène que dans la moitié des années 1980. Son comeback est interrompu par une grave maladie qu’elle a la chance de vaincre. A 69 ans, Eva Pilarová reste une icône de la scène musicale tchèque, sur laquelle elle se produit toujours. Ecoutons pour terminer ce magazine l’un de ses plus grands tubes : le csardas de Monti.

01-09-2008