Tour de France : Kreuziger, un lieutenant qui a l'étoffe d'un chef

22-07-2013

Apothéose en début de soirée ce dimanche sur les Champs-Elysées, pour la dernière étape de ce centième Tour de France, le cinquième le plus rapide de l’Histoire. Le chiffre cinq correspond aussi au classement final du seul cycliste tchèque engagé cette année, Roman Kreuziger. C’est le meilleur résultat d’un coureur tchèque sur la Grande Boucle, tandis que son équipe Saxo-Tinkoff a remporté le classement par équipe.

Roman Kreuziger, photo: CTKRoman Kreuziger, photo: CTK Malgré sa performance, Roman Kreuziger exprime un sentiment mitigé mêlant satisfaction personnelle et déception collective de ne pas voir son leader Alberto Contador, quatrième au final, monter sur le podium :

« Je pense que j’ai fait un grand Tour de France. Je n’ai jamais fini dans le top 5 du Tour auparavant. Cette performance doit aussi prendre en compte le fait que j’ai aidé Alberto et j’ai dépensé beaucoup d’énergie dans certaines étapes. C’est un peu décevant pour l’équipe que nous n’ayons pas réussi à le faire monter sur le podium. »

Alberto Contador (à gauche), photo: CTKAlberto Contador (à gauche), photo: CTK Avant l’entame d’une dernière semaine de course dantesque dans les Alpes, Kreuziger pointait à la quatrième position au classement. L’objectif restait néanmoins le même : aider son coéquipier espagnol Alberto Contador à obtenir la meilleure place possible au classement général, même si les chances de voir le coureur ibérique endosser le maillot jaune paraissaient de plus en plus infimes, alors que celui qui était déjà annoncé vainqueur avant le début de la course, le britannique Chris Froome, paraissait intouchable. Néanmoins, Kreuziger a pointé le bout de son nez mercredi dernier en accédant à la troisième place du classement général après sa très bonne prestation lors du contre-la-montre individuel entre Embrun et Chorges. Le Tchèque, perfectionniste, restait pourtant sur sa faim quant au développement de l’étape.

« Je le sais, j’ai dit que j’étais en bonne forme. J’étais un peu dans un état second. Mais vers la fin de la course, la route était détrempée, j’ai eu un peu peur et j’ai perdu du temps. »

Nairo Quintana, Christopher Froome, Joaquim Rodriguez, photo: CTKNairo Quintana, Christopher Froome, Joaquim Rodriguez, photo: CTK Le rêve de voir un cycliste tchèque monter sur le podium s’est néanmoins peu à peu évanoui au fil des étapes alpines. Jeudi, Kreuziger a retrouvé sa quatrième position après la terrible étape qui a conduit le peloton à gravir deux fois dans la même journée l’Alpe d’Huez. Le samedi suivant, le vainqueur de l’Amstel Gold Race 2013 a souffert lors de l’avant dernière étape entre Annecy et Annecy-Semnoz, au cours de laquelle le Colombien Nairo Quintana, deuxième au classement final, a impressionné dans l’ultime ascension de ce Tour. Rétrogradé à la cinquième place à 7 minutes et 27 secondes du maillot jaune, Chris Froome. Le coureur tchèque, très éprouvé comme le reste du peloton par ces trois semaines de course, évoque le déroulement de cette étape :

« Nous savions que c’était en réalité la dernière journée de course. C’était une étape courte mais difficile. Elle était un peu plus rapide que prévu pour nous, parce que la première côte a été montée très rapidement. Nous avons vu que Quintana était très en forme, il a attaqué pendant toute la journée. Je pense qu’il a mérité sa victoire. »

Roman Kreuziger, photo: CTKRoman Kreuziger, photo: CTK La performance du coureur de la Saxo-Tinkoff reste toutefois un résultat historique pour le cyclisme tchèque. Mais les supporters nationaux estiment que Kreuziger aurait pu viser plus haut encore s’il n’avait pas été cantonné au simple poste de lieutenant de Contador. A ce propos, le cycliste unijambiste Jiří Ježek, qui avait ouvert la voie lors du contre-la-montre entre Avranches et le Mont-Saint-Michel, espère que Roman Kreuziger endossera un nouveau rôle à l’avenir :

« Roman a été un ‘super domestique’. Kreuziger a prouvé qu’il était un grand professionnel. Alberto Contador n’était pas au sommet de sa forme mais Roman a su garder la tête froide. Il a consolidé sa position au sein de l’équipe Saxo-Tinkoff, parce qu’il a montré que ses ambitions personnelles passaient après celles des autres. Il savait qu’il était plus fort que son leader mais il a continué de suivre la tactique de l’équipe. Cela montre sa maturité. Il sera capable d’être un leader à l’avenir. »

Un potentiel leader qui a déjà pris rendez-vous pour la 101ème édition qui s’élancera de Leeds en Angleterre l’année prochaine.

22-07-2013