La République tchèque reste une destination touristique privilégiée

14-09-2008

Chaque année, les visiteurs étrangers affluent plus nombreux : selon les données rendues publiques par l’Institut des statistiques, la Tchéquie a accueilli 3,12 millions de touristes, au cours des six premiers mois de l’année, soit 3,6% de plus comparé à la même période de l’année écoulée.

Ce sont traditionnellement les pays voisins qui fournissent à la RT son plus grand nombre de touristes – 47%, dont 21% étaient d’Allemagne. Le tourisme représente aussi une source de recettes non négligeables : En dépit du cours croissant de la couronne tchèque qui n’a jamais été aussi fort que ces derniers mois, les revenus provenant du tourisme en euros ont augmenté de 16% et quant au dollar, elles accusent un accroissement de 33%. Le repos, la visite des amis, et la découverte des monuments sont les principaux motifs des voyages. Pour la majorité des visiteurs étrangers, c’est Prague qui reste inégalable et qui garde leurs faveurs. Avec plus de deux millions de visiteurs par an, Prague est devenue, en effet, une destination touristique privilégiée de « l’autre Europe ».

Photo: www.czechtourism.czPhoto: www.czechtourism.cz Notre collaborateur Benjamin Gutmann est allé recueillir les impressions de deux jeunes Françaises, de passage à Prague pour une semaine, et qui voyagent par le biais de CouchSurfing (www.couchsurfing.com) : une autre manière de découvrir une ville et ses habitants.

Beaucoup de touristes séjournent le temps d’un week-end à Prague, le temps de voir ou plutôt d’entrevoir les principales attractions de la ville. Qui va à Prague passe forcément par le Pont Charles, le quartier de Malá Strana ou la place de la Vieille Ville. Mais est-ce un temps suffisant pour s’imprégner de l’atmosphère tellement particulière de cette ville ? Le touriste est pressé et ne savoure pas suffisamment la beauté, l’enchantement de cette ville si riche en histoire et en légendes.

Photo: www.czechtourism.czPhoto: www.czechtourism.cz Ce n’est pas le cas d’Oriane et de Clémence. Elles ont toutes les deux vingt ans. Unis par les liens de l’amitié, leur guide à portée de main et le sourire facile, les deux baroudeuses étaient prêtes à braver l’envoûtement de Prague. Dans leur périple au cœur de l’Europe, s’arrêter longuement dans la capitale de la Bohême était indiscutable. Nous les écoutons :

« On voulait faire un voyage d’un mois en visitant plusieurs pays [République tchèque, Pologne, Allemagne et Pays-Bas] qui n’étaient pas trop loin de la France, pour des raisons budgétaires. De ce fait, Prague s’est imposée d’elle-même. »
Clémence : « On a aussi beaucoup entendu parler de Prague. Beaucoup de gens nous ont dit que c’était une ville magnifique et qu’il fallait absolument la voir parce que c’était une des plus belles villes d’Europe, sinon du monde. Il fallait donc qu’on y passe ».
Oriane : «On a choisi de rester sept jours à Prague parce qu’on a voulu prendre notre temps, ne pas être trop pressée et pouvoir s’imprégner un minimum de la vie locale. »
Clémence : « On a entendu dire qu’il y avait énormément de choses à voir. Et malheureusement, on ne sait pas grand-chose du reste de la République tchèque. »

Comme André Breton qui voyait en Prague « la capitale magique de l’Europe, » Oriane et Clémence ont été charmées par cette ville. Avant leur départ, elles en avaient avant tout une image carte-postale, celle d’une ville de conte de fée toujours plongée, de par son histoire, dans le passé. Mais, dès leur arrivée, les représentations qu’elles se faisaient de Prague et des Pragois se sont aussitôt transformées. Elles ont notamment apprécié le dynamisme de sa jeunesse.

Oriane : « Je pense qu’on en avait une image assez romantique.»
Clémence : « Oui, c’est une grande ville d’histoire qui a vécu beaucoup d’événements avec une existence très compliquée. »
Oriane : « Moi, j’avais vraiment l’image du pont Charles pendant la nuit avec son côté mystérieux et un peu romantique. »
Clémence : « En effet : sous la brume et avec Franz Kafka. Puis, au-delà d’une ville avec des fantômes, on a découvert une Prague très vivante avec plein de gens qui savent faire la fête, qui sont très accueillants et qui étaient prêts à nous faire découvrir des endroits sympas. »

Les deux jeunes Françaises ont seulement regretté le coût des moyens de transports pragois (26 couronnes) qu’elles ont jugé prohibitif et qui avoisine ceux de Paris. Malgré ce léger inconvénient, elles ont aimé la vie pragoise comme le fait de pouvoir s’éloigner facilement des tumultes du centre-ville et d’accéder à des havres de paix. Avec ses multiples parcs, il s’agit en effet d’une ville verte. Elles nous racontent ce qu’il leur a particulièrement plu :

Oriane : « Oh, les saucisses ! Manger des saucisses avec du pain matin, midi et soir ! »
Clémence : « Le premier jour, on attendait que notre hôte se libère. On est allées sur la colline de Petřín et c’était très joli. On avait nos sacs et on avait juste besoin de se reposer. On est allée faire une sieste là-bas et c’était vraiment idyllique. Et ce qui nous a plus, c’était bien évidemment l’architecture, les églises. J’adore les églises ! Et bien sûr la bière. »

Le désir des deux Parisiennes était également d’éviter les foules de touristes et de se fondre dans la population locale. Elles ont réussi ce pari grâce au CouchSurfing, un terme qui signifie « passer d’un canapé à un autre ». Il s’agit donc d’un site sur Internet qui permet à ses membres de demander l’hospitalité à d’autres membres d’une manière libre et gratuite. Ce réseau qui compte presque 700 000 utilisateurs permet dès lors aux voyageurs de vivre chez l’habitant, qui n’hésitera pas à leur faire découvrir des aspects moins touristiques de leur lieu de vie. Oriane et Clémence se sont alors éloignées des sentiers battus et ont pu déceler quelques unes des facettes cachées de Prague et de la Bohême. En compagnie de Tchèques et d’expatriés, elles ont alors pu savourer quelques bières dans les « biergarten » de Letná et de Vyšehrad. Nous les écoutons parler de CouchSurfing.

Oriane : « Le plus gros avantage de CouchSurfing, c’est bien sûr au niveau budgétaire puisque l’hébergement est gratuit. »
Clémence : « En fait, cela nous permet d’allonger notre voyage. Si nous avions fait le choix d’aller dans des auberges de jeunesse, on n’aurait pu faire qu’un voyage de deux semaines. Et là, on a la chance de voyager tout un mois. »
Oriane : « En plus, ce qui est vraiment génial, c’est qu’on est avec des Pragois et des expatriés qui vivent ici. Du coup, on est complètement immergées dans l’univers de cette ville. »
Clémence : « Cela nous permet aussi d’aller dans des endroit dans lesquels on ne serait jamais allées toutes seules à Prague. On a remarqué que les touristes font les choses à faire, que nous avons fait, et qu’ils ont raison de faire. Mais ils ratent les petites choses un peu particulières, les bons plans et les endroits dans lesquels il y a beaucoup d’ambiance. »
Oriane : « CouchSurfing organise aussi des rendez-vous toutes les semaines, des soirées dans des bars ou des excursions. Par exemple, hier, on a pu faire une excursion au cœur de la forêt bohémienne. »
Clémence : « Oui, on est allé dans le Paradis tchèque [Český Ráj]. C’est une assez grande forêt, avec des rochers très escarpés qui émergent… »
Oriane : « … d’une mer de sapins ! C’est magnifique ! On était une petite dizaine : des Tchèques, des Américains, un Russe, une Slovaque, une Hongroise. »
Clémence : « C’était très cosmopolite ! »

14-09-2008