Zoo de Prague : l’ara de Lear fait la fierté du nouveau pavillon des perroquets

31-10-2019

Pour son 88e anniversaire, célébré fin septembre, le Zoo de Prague s’est offert un nouveau pavillon dédié aux oiseaux exotiques. Il abrite une quarantaine d’espèces rares, y compris le précieux ara de Lear, un perroquet particulièrement recherché et menacé d’extinction dont il n’existe que quelques centaines d’individus vivant dans les forêts brésiliennes. Reportage.

Le nouveau pavillon s’étend sur une superficie de plus de 500m². Il est composé de deux volières extérieures, ainsi qu’une exposition à l’intérieur. Les visiteurs peuvent observer les oiseaux placés derrière le grillage ou une vitre. Dans une partie du pavillon, ils se promènent « dans la nature », pour être au plus proche des volatiles. Le pavillon se distingue également par une flore exceptionnelle qui comprend plus d’un millier d’espèces de plantes. Tout cela pour que les perroquets s’y sentent bien, comme l’explique le directeur du Zoo de Prague, Miroslav Bobek :

Miroslav Bobek avec la veuve de Stanislav Rákos, photo: Miroslav BobekMiroslav Bobek avec la veuve de Stanislav Rákos, photo: Miroslav Bobek « Nous avons dû attendre longtemps avant que les plantes poussent. Dans leur milieu naturel, les perroquets sont entourés d’une végétation exubérante. On ne pouvait pas y mettre juste quelques plants… Le pavillon est divisé en plusieurs localités où vivent ces perroquets précieux. Lorsque les ornithologues étrangers sont venus ou quand ils ont vu les photographies du pavillon, ils ont été capables de désigner exactement ces localités précises au Brésil par exemple. Nous avons vraiment réussi à reconstituer l’habitat naturel de ces espèces rares. »

Le pavillon représente ainsi huit biotopes d’Amérique du Sud, d’Australie et d’Asie du Sud. Le début de sa construction remonte à 2012, quand le directeur du zoo a rencontré un certain Stanislav Rákos, mécène et éleveur, lui-même, d’oiseaux exotiques. Miroslav Bobek raconte :

« A l’époque, M. Rákos m’avait contacté parce qu’il voulait léguer une partie de son patrimoine au Zoo de Prague. Je lui ai parlé de mon intention de construire un pavillon consacré uniquement aux perroquets. Cette idée l’a tellement emballée qu’il a décidé d’offrir au zoo à cet effet une somme de plus 10 million de couronnes. »

L’ara de Lear au Brésil, aux Canaries et à Prague

L’ara de Lear, photo: Petr Hamerník / Zoo PrahaL’ara de Lear, photo: Petr Hamerník / Zoo Praha Quels sont donc les perroquets rares qu’abrite ce « Rákosův pavilon » (le Pavillon de Rákos en français) qui rend hommage au mécène pragois ? Miroslav Bobek :

« Le pavillon accueille une centaine de perroquets, notamment les aras de Lear, appelé aussi les aras cobalt. Cet oiseau porte le nom de l’artiste Edward Lear qui l’a peint sans savoir que c’était une espèce encore inconnue. Il n’existe que quelques aras de Lear dans le monde qui sont élevés en captivité. Je crois qu’en dehors du Brésil, on ne les trouve qu’à Prague et au Loro Parque, sur l'île de Tenerife. Nous les avons obtenus il y a quelques années. Ils faisaient l’objet d’un commerce illégal et ont été saisis par les douaniers. »

L’espèce se range parmi les perroquets les plus méconnus au monde, dont les mœurs continuent à être étudiées par les chercheurs. Bien que décrite dès le début du XIXe siècle par le peintre animalier britannique, elle n’a été observée scientifiquement pour la première fois qu’en 1970. Jusque-là, on pensait qu’il s´agissait d’une sous-espèce du ara hyacinte. Ce dernier, connu pour son magnifique plumage bleu et très recherché par les braconniers, est également à découvrir au Pavillon Rákos, de même que d’autres espèces : le Cacatoès noir, des perroquets du genre amazone ou encore le Nestor kéa, une espèce endémique de Nouvelle-Zélande :

Le Nestor kéa, photo: Petr Hamerník, Zoo PrahaLe Nestor kéa, photo: Petr Hamerník, Zoo Praha « Le Nestor kéa représente une attraction pour le public : c’est un perroquet débrouillard et curieux qui aime explorer des objets et aussi les détruire. Pour l’instant, il n’a pas fait de dégâts dans notre zoo, mis à part quelques plantes endommagées. »

En attendant l’ouverture d’un nouveau pavillon de gorilles, dont la construction vient tout juste d’être entamée, les visiteurs pourront bientôt observer une nouvelle acquisition du Zoo de Prague : les diables de Tasmanie, qui habiteront dans une installation récemment achevée, consacrée à l’Océanie.

A l’occasion de l’ouverture du Pavillon Rákos, le Zoo de Prague qui fait partie, avec 1,5 millions de visiteurs par an, des principales attractions touristiques en République tchèque, propose jusqu’à la fin de l’année, des tarifs réduits pour les enfants.

Plus de détails au https://www.zoopraha.cz/

31-10-2019